France : parfois, l’actualité prend le dessus (021188)
Paris, 2novembre(APIC) L’assemblée plenière des évêques de France s’est
achevée le samedi 29 octobre : une longue session, puisqu’elle fut précédée
de trois jours de séance à huis-clos, du 22 au 24 octobre.
Parmi les thèmes abordés à huis-clos, on retiendra particulièrement celui du schisme de Mgr Lefebvre. Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et
vice-président de la conférence épiscopale, a donné quelques précisions à
ce sujet. Il a indiqué que le cardinal Mayer, préfet émérite de la Congrégation romaine pour les Sacrements et le Culte divin, et Mgr Perl,
prélat luxembourgeois, tous deux très actifs au sein de la Commission
spécialement en charge des traditionalistes restés fidèles à Rome, ont participé aux débats. "Les évêques ont pu leur faire part, a dit Mgr Duval,
des tiraillements avec le Vatican que certains ralliements ont provoqués."
En effet, les évêques concernés n’ont pas toujours été au courant des négociations de certains de leurs diocésains avec le Vatican : "Il était important que cela fut dit."
Trop d’importance aux anciens disciples d’Ecône ?
Certains journalistes présents se sont inquiétés de l’attention accordée
aux anciens disciples de l’évêque d’Ecône, alors que tant de prêtres
quittent leur ministère sur la pointe des pieds, dans ce qui ressemble à
l’indifférence générale : interrogés individuellement, plusieurs évêques
ont fait part de leur préocccupation à ce sujet, et de celle de la
Conférence, reconnaissant pourtant que la question n’était pas encore assez
mûre pour pouvoir être évoquée publiquement.
Les grands dossiers étudiés en Assemblée plenière étaient au nombre de
trois : "La solidarité", "Le ministère et la vie des prêtres diocésains" et
"Le dimanche". Nous avons évoqué déjà le travail sur la solidarité et l’intervention de l’évêque de La Réunion, Mgr Gilbert Aubry, sur la NouvelleCalédonie. Le dossier sur la vie des prêtres met notamment en l’accent sur
la mission liée à l’ordination sacerdotale, sur l’incardination, c’est-àdire le rattachement à un diocèse, et sur la spiritualité. Il s’agit plus
de propositions que de prescriptions, qu’il appartiendra à chaque diocèse
d’adapter en fonction de son contexte. Ce dossier s’achève par un "message
à tous les catholiques" rappelant le rôle du prêtre et invitant à réfléchir
sur le sens de la vocation sacerdotale.
Quant au dossier sur le dimanche, il part d’un constat d’érosion de la
signification religieuse du dimanche, et invite les communautés chrétiennes
à travailler dans deux directions : la redécouverte de l’importance du dimanche, au plan religieux; au plan social, une réflexion sur l’importance
et le sens du repos dominical.
Les évêques confrontés à l’actualité
Outre ces dossiers, il faut reconnaître que le travail des évêques a été
quelque peut bousculé par l’actualité : il y eu "l’affaire" de la pilule
abortive R.U. 486, les rebondissements de déclarations épiscopales sur le
film de Martin Scorcese "La dernière tentation du Christ".
Il y eu aussi, vu la proximité de la célébration du Bicentenaire de la
Révolution française, une déclaration rappelant que "la Révolution fut une
grave épreuve pour l’Eglise de France" qui "divisa le clergé et les fidèles". Par delà les divergences politiques, demandent les évêques, "quel
peut être aujourd’hui l’apport original des catholiques à cet anniversaire
?" Et les évêques d’inviter les fidèles à rechercher le positif de l’héritage de la Révolution : la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.
"Nous nous réunirons à Notre-Dame de Paris, au début de l’été 1989. Nous
commémorerons ces journées ou par ses représentants, dont un grand nombre
appartenant au clergé, un peuple exprimait son consentement à vivre ensemble en se donnant comme objectif particulier le respect de l’homme".
Alors que l’extrême-droite se déchaîne contre la célébration du Bicentenaire, les évêques français invitent au pardon, à la réconciliation, et demandent "de ne rappeler le passé que pour ouvrir un avenir." (apic/mjh/bd)