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    /France/Mgr Léonard dans "La Croix"/Un évêque "haut en couleur"/

    France: "La Croix" consacre une page à "l’évêque haut en couleur de Namur"

    =

    Paris, 28 mars 1995 (CIP)

    Le quotidien catholique français "La Croix - L’événement" consacre dans son

    édition du mardi 28 mars une page à une "enquête au coeur d’un diocèse

    divisé sur la personnalité et l’action de son évêque, Mgr André-Mutien

    Léonard", celui de Namur. Le journal s’interroge, dans un commentaire, sur

    le besoin de "repères forts" que révèlent les "affaires" Gaillot et

    Léonard.

    Dans cette enquête sur "L’évêque haut en couleur de Namur", François Janne

    d’Othée, envoyé spécial de "La Croix" revient sur les remous que traverse

    depuis quatre ans le diocèse de Namur: le "vent de fronde" qui s’est levé

    lors de la nomination de Mgr Léonard, le "tollé" que suscita sa décision de

    fermer la section théologique du séminaire diocésain (rouverte depuis), les

    débats houleux au conseil presbytéral, les relations de l’évêque avec les

    médias, en particulier avec les quotidiens du groupe "Vers l’Avenir".

    Certains faisant de lui l’opposé de Mgr Gaillot, l’évêque de Namur s’en

    défend: "Nous avons participé ensemble à deux débats télévisés, et nous

    avons bien pris soin de ne pas nous profiler ainsi. Je me sens d’ailleurs

    très proche de lui dans son souci d’être présent aux gens qui sont dans la

    périphérie de la société. Là où j’ai des réserves, c’est pour ce qúil dit,

    ou ne dit pas, sur des points importants de morale. Nous devons chercher à

    être présents comme Jésus qui ne condamne pas, mais qui dit aussi:

    Désormais, change de vie et convertis- toi."

    Mgr Léonard, qui vit à peu près cinq mois de l’année sur le terrain, en

    visitant des doyennés, reste serein. "Des gens restent braqués sur ma

    personnalité, c’est vrai, dit-il, et je continue à être surpris par

    certaines interprétations qui m’apparaissent comme systématiquement

    malveillantes. Mais ces tensions, je ne les vérifie pas sur le terrain."

    Selon lui, sur les 660.000 habitants du diocèse, un millier peut-être ont

    ressenti sa nomination comme une cassure profonde. Un chiffre invérifiable,

    constate l’envoyé spécial de "La Croix", et "qui, de toute façon, est loin

    de dissiper le persistant malaise au sein du diocèse".

    Un besoin de repères forts

    Dans un commentaire, Benoît Vandeputte, informateur religieux à "La Croix",

    écrit que si l’alliance des deux personnalités que sont Mgr Gaillot et Mgr

    Léonard est tentante, elle l’est "comme un alliage hétérogène des

    contradictions épiscopales". Et il s’interroge: moins qúune Eglise qui

    s’émiette, ne s’agit-il pas d’une société qui se fragmente ? si diversité

    des catholiques il y a, comment s’étonner de la diversité de leurs pasteurs

    ? Pour lui, "moins qúun problème d’organisation de l’Eglise, c’est une

    impasse culturelle qui est révélée par les "affaires" Gaillot et Léonard,

    alors que personne ne conteste plus aujourd’hui le besoin de repères forts.

    L’un comme l’autre évêque séduisent les médias qui les invitent pour ce

    qúils sont: orfèvres en distillation de messages médiatiques."

    B. Vandeputte cite ici Jacques Séguéla, le grand publicitaire des deux

    campagnes Mitterand, qui rappelait ce dimanche à la télévision qúil n’y a

    plus désormais de sens qui "passe" sans signe. Et qui réinventait là,

    dit-il, la plus vieille articulation d’une saine théologie sacramentaire.

    "Ces deux évêques l’ont compris dans notre vieil Occident. Ils sont les

    plus contestés chacun dans leur pays. Est-ce un hasard ?", observe le

    commentateur. Il conclut: "S’il est impossible de produire un sens sans

    signe, chacun devrait assumer les deux conditions de cette médiatisation:

    la vigueur intellectuelle et la nécessaire unité. Faute de quoi,

    l’affadissement, la médiocrité ou les radicalisations sont inéluctables."

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