"Un signe de santé"
Paris, 14mars(APIC) Invité du Club de la presse d’Europe I, dimanche 12
mars, Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux, s’est réjoui des récentes
déclarations de théologiens germanophones et francophones mettant en cause
la manière dont s’exerçait l’autorité dans l’Eglise: "C’est un signe de
santé", a-t-il déclaré, ajoutant que "il ne faut pas craindre cette contestation destinée à une meilleure régulation".
Commentant sa déclaration signée avec le cardinal Albert Decourtray,
président de la Conférence épiscopale de France, Mgr Gaillot a précisé
qu’elle ne signifiait pas pour lui un recul par rapport à ses prises de position sur le désarmement, le tiers-monde ou toutes les formes d’exclusion.
A propos de cette déclaration commune, aucune question n’a été posée à
l’évêque d’Evreux sur la référence faite au "credo de Paul VI", plutôt
qu’au symbole de Nicée ou à celui des apôtres. Ce "détail" semble n’avoir
frappé personne... sauf Michel Denis, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire "Famille chrétienne", qui souligne que "ce credo, beaucoup plus
long et donc plus explicite que les credos usuels et anciens, intègre des
données de la foi plus récentes comme l’infaillibilité pontificale, en rappelle d’autres, comme le péché originel (référencé au Concile de Trente),
le baptême des petits enfants, ou l’usage très approprié du terme de
"transsubstantiation" pour désigner le mystère eucharistique". Et l’éditorialiste conclut: "La référence à ce credo est donc un événement majeur qui
rend presque superfétatoire tous les autres points de la déclaration".
Ce credo avait, à l’époque, valu à Paul VI nombre de critiques au sein
même de l’Eglise, à cause de son caractère considéré comme trop rigide en
matière de foi: l’avenir dira si l’évêque d’Evreux pourra s’en accommoder.
(apic/mjh/pr)