Orléans, 14novembre(APIC/CIP) Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux, a relancé le débat sur le célibat des prêtres et sur l’ordination d’hommes mariés lors d’une séance à huis clos de la dernière assemblée plenière des
évêques français à Lourdes du 22 au 28 octobre. Il vient de rendre
publiques ces deux interventions.
Mgr Gaillot a souligné le décalage entre la bienveillance excessive, à
l’égard des prêtres traditionnalistes repentis après le schisme de Mgr Lefebvre et la rigueur de la discipline du célibat ecclésiastique, qui décourageait l’accès au sacerdoce. "Il est en effet bien extraordinaire qu’on
déploie tant d’efforts pour retenir des gens qui, sur bien des points essentiels de la foi, sont loin du Concile Vatican II et qu’on se résigne au
départ de prêtres de valeur par le seul fait qu’ils aient rompu leur promesse de ’célibat’", a déclaré l’évêque d’Evreux.
Mgr Gaillot se pose alors quelques questions : "Pourquoi ne pas accorder
la dispense de célibat à des prêtres qui en font la demande dans un souci
de communion à l’Eglise ? Jusqu’à quand se privera-t-on du ministère des
prêtres mariés qui restent disponibles pour un service d’Eglise ? Pourquoi
fermer les yeux sur des situations pastorales ou les besoins sont ressentis
comme un cri?"
Cette situation semble être d’autant plus regrettée par Mgr Gaillot que
la crise des vocations sacerdotales pèse sur l’Eglise. "Alors que beaucoup
de chrétiens font preuve d’une maturité dans la foi et ont de multiples
engagements d’apostolat, nous manquons de prêtres pour répondre à leurs
attentes et à leurs besoins", constate Mgr Gaillot. De plus, "l’absence de
prêtres contribue à effacer des consciences la signification symbolique et
structurelle du ministère ordonné pour la foi de l’Eglise", a déclaré
l’évêque d’Evreux.
C’est l’absence de toute réaction des autres évêques réunis à Lourdes
qui a décidé Mgr Gaillot à rompre le silence. Mgr Guy Riobé avait fait une
déamrche identique lors de l’assemblée plenière des évêques de 1972 et
avait envoyé à la presse ses déclarations, aussi par ce que les autres
évêques se taisaient.
De son côté, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, ne
croit pas à une crise durable des vocations sacerdotales, le chiffre se
stabilisant actuellement. Le Père di Falco, porte-parole de l’épiscopat
français, a déclaré que Mgr Gaillot faisait "une erreur d’analyse" en pensant que la crise des vocations est directement liée au problème du célibat, "si on regarde ce qui se passe dans d’autres Eglises, soit en Orient,
soit chez les protestants, on vérifie que le nombre de prêtres et de
pasteurs y est moins nombreux qu’il ne l’était autrefois." (apic/cip/bd)