France: message de Noël des évêques de (201292)
L’exigence du "parti-pris d’espérance"
Paris, 20décembre(APIC) La Commission épiscopale française du Monde rural
exprime la compréhension et la sollicitude de l’Eglise aux agriculteurs, à
tous les habitants du monde rural ainsi qu’à ses responsables. Dans son
message de Noël adressé aux agriculteurs, la Commission dit comprendre
l’angoisse et les déceptions qui peuvent peser en ce moment sur les familles, sur les acteurs et les décideurs. En France comme un peu partout en
Europe la déception et la grogne gagnent les milieux ruraux
La crise de l’agriculture et du monde rural révèle un bouleversement de
société, écrit la Commission épiscopale. Le nombre croissant de licenciements sans cesse opérés par des entreprises industrielles implantées dans
les communes rurales; la fermeture, dans l’indifférence quasi générale,
d’ateliers et de petits commerces; la réduction des services publics:
l’exode de la jeunesse, sont des signes qui ne trompent pas. "Une implacable logique économique écrasera-t-elle les personnes au risque de détruire
un milieu rural pour toute la société?"
"Si nous avons fait le deuil d’une société agraire d’antan et d’une société à la croissance économique sans limite, souligne le message signé du
président de la Commission épiscopale du monde rural, Mgr Léon Taverdet.
évêque de Langres, mous ne pouvons admettre la marginalisation, voire même
la disparition de cet ensemble rural indispensable à toute société". Mais
"en dehors de la destruction irrationnelle du milieu naturel, il faut rappeler la destruction encore plus grave du milieu humain. On s’engage trop
peu dans la sauvegarde des conditions morales d’une écologie humaine authentique", relève-t-il en citant les paroles de Jean Paul II.
Reste, ajoute en substance Mgr Taverdet, que se lamenter ne conduit à
rien. "L’espoir renaît toujours lorsque de courageux veilleurs secouent les
somnolents et osent proposer des projets". Et de poser la question, en mentionnant la récente Conférence de Rio, les assises rurales, la réforme de
la PAC, le GATT... qui ne correspondent pas toujours aux attentes et qui
peuvent décevoir, s’il ne faut pas réapprendre une sagesse? Une sagesse
"génératrice de nouvelles manières de vivre, plus modestement, de façon
plus solidaire des autres catégories sociales". Pour le président de la
Commission épiscopale, le "parti-pris d’espérance" dont les chrétiens ont
le devoir d’être témoins n’est pas une douce rêverie. Il est exigeant".
(apic/com/pr)