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    ségrégationiste de l’Eglise réformée néerlandaise d’Afrique du Sud

    France: mea culpa du pasteur J. Heyns sur le passé (180590)

    Paris, 18mai(APIC) L’offensive de l’Afrique du Sud pour tenter de redorer

    son blason dans le monde n’est plus seulement politique. Les milieux religieux de ce pays, peu nombreux, qui avaient fait de l’apartheid leur credo

    s’y mettent désormais. Avec la visite en Europe commencée jeudi à Paris du

    pasteur Johan Heyns, professeur et modérateur de l’Eglise réformée néerlandaise d’Afrique du Sud (NGK), une Eglise "blanche" connue il y a peu de

    temps encore pour son soutien au régime de l’apartheid. Cette visite coïncide avec celle qu’effectuera en Europe le président sud-africain De Klerk,

    attendu notamment en Suisse le 22 mai.

    Hôte de la Fédération protestante de France, le pasteur Heyns a expliqué

    comment le synode de cette Eglise, en 1986, avait modifié sa position visà-vis de l’apartheid en disant non à la ségrégation. Tout en faisant son

    mea culpa sur l’engagement raciste de son Eglise qui avait vallu à cette

    dernière d’être mise à l’écart de toutes les autres Eglises, il a relevé

    les changements qui, depuis 1986, bouleversent son Eglise et demandé la

    "solidarité critique" des chrétiens du monde entier car "le changement

    théorique a eu lieu et que les changements ne peuvent se faire que dans le

    dialogue. Il faut maintenant le mettre en pratique, ce qui va demander du

    temps. Même une Eglise peut être conduite à se repentir", a-t-il ajouté

    Fondée en 1652, l’Eglise réformée néerlandaise d’Afrique du Sud, a en

    effet été depuis plusieurs années mise au banc de toutes les Eglises: du

    Conseil oecuménique des Eglises (COE), de l’Alliance réformée mondiale et

    du Conseil sud-africain des Eglises. Motif de cette exclusion: cette Eglise

    de 1,5 millions de membres, à laquelle appartiennent 90% des ministres et

    70% des parlementaires sud-africains, fut l’un des pilliers du régime

    d’apartheid auquel "elle a donné un fondement biblique, morale et théologique". De 1948 à 1968, a expliqué le pasteur Heyns, "notre Eglise a été à

    l’origine de lois sur l’apartheid".

    En octobre 1986, le synode de cette Eglise a cependant bouleversé le

    cours des choses. Un "rapport sur Eglise et société" voté par le synode, et

    qui sert de fondement à l’évolution actuelle, affirme "que le racisme est

    un péché, que toutes tentatives de justifier l’apartheid doivent être rejetées, que la Bible n’est pas un manuel politique et ne prend partie ni sur

    l’intégration, ni sur la ségrégation". "Nous avons complètement changé de

    direction, a relevé le modérateur de la NGK, à tel point que cela a provoqué des ruptures à l’intérieur de notre Eglise: 30’000 membres et 70 pasteurs ont fondé une nouvelle Eglise réservée aux Blancs, alors que d’autres se sont constitués en opposition au sein même de l’Eglise pour la

    changer de l’intérieur et faire obstacle à son évolution". (apic/mjh/pr)

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