France, 11octobre(APIC) Le document que viennent de publier les Editions
Nouvelle Cité constituent un événement. Un travail collectif qui a duré
près de trois ans, signé par une vingtaine de mouvements, de nombreuses
personnalités catholiques et protestantes dont 13 évêques, par des groupes
et des personnes à titre individuelles -"en tout: 2500 signatures"-. Ce document intitulé "Lutter autrement. Pour une action non-violente responsable
et efficace" est une réflexion sur un problème d’actualité: violence et
non-violence. Le texte représente la première contribution ecclesiale d’ensemble à une réflexion sur l’action non-violente considérée comme un moyen
d’assurer le conflit dans tous les domaines de la vie sociale et politique.
Il ne s’agit pas, en effet, d’une réflexion sur l’arme nucléaire ou les
questions de défense nationale. Certes, la question n’est pas éludée mais
elle n’occupe qu’une dizaine de pages. En revanche, les questions abordées
témoignent de la complexité du problème. Ainsi, Bernard Quelquejeu, l’un
des artisans de ce texte, évoque certaines questions qui ont fait difficulté et sur lesquelles se joue toute la crédibilité du texte: "Faut-il exclure dans tous les cas le recours à la violence?", "La foi est-elle un fondement nécessaire à une action non-violendte?". Certes, il existe un lien de
cohérence entre la foi chrétienne et l’action non-violente, mais les chrétiens, ni même les croyants, n’ont pas le monopole de la non-violence.
Signataire du texte, Mgr André Fauchet, évêque de Troyes et ancien président de la Commission Justice et Paix, se dit séduit par la démarche
pragmatique qui a présidé à la rédaction du texte, et par la constante référence à la parole de Dieu: "Je ne suis pas partisan d’annexer Jésus comme
non-violent, affirme-t-il, mais il faut bien reconnaître qu’Il nous a montré le chemin de l’action non-violente!"
Dans l’ensemble, ce texte a reçu un accueil favorable, et de nombreuses
personnalités religieuses soulignent qu’ils constituent "un apport important pour la réflexion de l’Eglise". Il n’a pas encore été envoyé dans les
milieux de l’enseignement ou de la défense nationale - "le ministère de la
défense avait commandé, en 1985, une étude sur la défense civile, fait remarquer Christian Mellon, lui-même membre du mouvement pour une alternative
non-violente "MAN": on ne peut faire l’économie d’une réflexion sur une défense civile, une défense différente!"
IL demeure que l’originalité de ce texte, c’est de décloisonner la nonviolence par rapport au problème de défense et aux questions militaires: ce
dont il est question ici, c’est de la non-violence au quotidien. (apic/mjhpe)