France: les jeunes du mouvement Focolari le réclament (080589)
Paris, 8mai(APIC) Comment changer la télévision dans le monde? Cette
question, à laquelle le dernier bulletin de "Paris Notre Dame" consacre une
large place, a été posée à l’UNESCO dimanche 23 avril à l’occasion du
congrès des Focolari, tenu en présence de quelque 2000 personnes. Des
témoignages, ceux des Juniors, les jeunes Focolari, ont été entendus durant
ce congrès. Une campagne, commencée à Rome en 1988, liée à cette question,
prend forme aujourd’hui. Au-delà de l’Europe, elle devrait s’étendre dans
les mois à venir à l’ensemble des cinq continents.
"La violence est trop présente à la télévision, les rapports humains
sont bafoués. Et pourtant elle peut être un formidable instrument qui
accélère l’heure de l’unité entre les hommes". Cette constation émane de
Clotilde, 17 ans, membre du mouvement Junior pour un monde uni, la branche
cadette, créée en 1984, des Focolari, un mouvement né en Italie durant la
seconde guerre mondiale.
En janvier 1988, les juniors se rassemblent à Rome. Ils ont entre 12 et
16 ans. En même temps, commence l’année européenne de la télévision et du
cinéma. "Nous nous sommes dit que la télévision pouvait nous permettre de
voir l’avenir avec espérance", témoigne l’un d’eux. A Rome, les jeunes, par
groupes linguistiques, entament alors une réflexion sur la télévision:
quelles sont les bonnes et les mauvaises émissions? Qu’est-ce qui leur
plaît et leur déplaît? Comment envisagent-ils la télévision idéale.
Une télévision nouvelle et positive
Une télévision positive. Voilà ce que veulent ces jeunes. Aussi, décident-ils de rédiger un texte qui s’adresse aux responsables des chaînes de
télévision publiques et privées du monde entier: "Que la télévision favorise la communication entre les peuples... qu’elle nous présente des modèles
de relations authentiques... qu’elle mette en lumière les grandes valeurs
auxquelles nous aspirons... qu’elle nous aide à grandir libres... Que la TV
produise aussi des programmes qui nous défendent et nous recréent" peut-on
lire dans cette lettre. Ils disent admirer les documents scientifiques,
culturels et lancent l’idée d’un "journal télévisé pour jeunes".
De retour en France, il fallait penser à concrétiser l’idée ainsi lancée. Il s’agissait de récolter un maximum de signatures. Haude, 16 ans, en
classe de seconde déclare: "J’ai commencé ma course aux signatures dans le
train qui me ramenait de Rome à Paris. Je montrais ce texte non seulement à
des jeunes mais aussi à de nombreux adultes qui ont accepté de le signer".
Emmanuelle, 14 ans, témoigne pour sa part: "Je n’étais pas à Rome, mais
j’ai apporté le texte en classe. La plupart des élèves étaient d’accord
avec l’idée de créer une télévision nouvelle". Bart, 15 ans, vient de Belgique. "Dans mon pays, dit-il, et plus particulièrement à l’école, mes amis
ont été d’abord étonnés de voir qu’un garçon de leur âge était à ce point
préoccupé par les programmes de télévision. Certains m’ont envoyé paître,
d’autres, au contraire, ont voulu en savoir plus sur notre action".
Déjà des retombées...
Novembre 1988: réunion à Stockholm des 22 ministres qui font partie du
Conseil de l’Europe, pour la conclusion des travaux de l’année européenne
du cinéma et de la télévision. Les Juniors pour un monde uni sont présents
avec quelque 12 représentants venus de 9 pays (Portugal, France, Luxembourg, Belgique, RFA, Suisse, Pays-Bas, Italie et Autriche). Leur texte,
qui a déjà obtenu 141.000 signatures, ils le proposeront notamment à Simone
Veil, qui accueillera favorablement cette "charte de la télévision européenne"; à M. Oreja, secrétaire général du Conseil de l’Europe, qui trouvera
le message "profondément stimulant", ainsi qu’à tous les ministres
présents.
Le résultat de cette campagne, en attendant d’élargir le projet, est aujourd’hui plus qu’une évidence. En Italie, une chaîne de télévision aurait
repoussé tard dans la soirée des émissions jugées négatives pour les jeunes. En Belgique, des groupes d’adolescents ont proposé des projets d’émissions de télévision à un jury qui devrait en décider ces prochains jours.
En France, et principalement à Paris, des groupes de Juniors ont le souci
de l’éducation à l’image: une journaliste leur a montré une sélection
d’images de films et de spots publicitaires pour développer leur sens critique.
Mais l’action, en attendant que s’institutionnalise des cours au niveau
des écoles, se poursuit. Dans les mois à venir, les Juniors devraient se
rendre à l’ONU avec des signatures encore plus nombreuses, pour élargir
leur projet au-delà même de la communauté européenne et ainsi être présents
dans les cinq continents. (apic/pnd/ia/pr)