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    et méditerranéenne reçus par Jean Paul II

    France : les évêques de la région provençale (141287)

    Rome, 14décembre(APIC/CIP) A l’occasion de leur visite quinquennale ("Ad

    limina") au Vatican, les évêques de la région apostolique de Provence et de

    la Méditerranée ont été reçus en audience par le pape le lundi 14 décembre.

    Dans son discours, Jean Paul II a souligné le rôle important de l’Eglise

    dans le contexte actuel de la crise des valeurs. Il a plaidé pour une

    nouvelle dynamique missionnaire des catholiques et pour leur engagement

    résolu face à l’aggravation de la pauvreté.

    Dans le discours que Jean Paul II a prononcé devant les dix évêques

    français présents à Rome, il a attiré l’attention sur "la crise

    intellectuelle, spirituelle et morale que traverse la société

    contemporaine". "Le sens de la vie et de la dignité de la personne, a-t-il

    relevé, est cherché au milieu d’une confusion des valeurs qui peut conduire

    jusqu’au désespoir."

    "Cause de l’incertitude qui marque plus ou moins fortement nos contemporains, a poursuivi le pape, il est urgent de répondre à leurs attentes souvent informulées." Dès lors, il faut "que les communautés chrétiennes prennent conscience de leur mission et que d’abord elles redécouvrent plus vivement la force d’espérance que porte l’Evangile". "Alors que, sur les routes de la vie, des hommes tâtonnent, souffrent et tombent, il faut que la

    parole, la vérité leur soient transmises."

    Un nouveau dynamisme missionnaire

    "Trop souvent, a déploré Jean Paul II, les chrétiens ne se sentent pas

    responsables personnellement" de la mission d’évangélisation. En d’autres

    termes, ils laissent "la charge au clergé ou à quelques apôtres qu’on

    admire sans les suivre". Or, a souligné le pape, "une Eglise particulière

    ne peut garder son dynamisme sans prendre une part concrète à la mission

    dans toutes les parties du monde".

    Parlant de la "grande tradition missionnaire" de la France, Jean Paul II

    a déclaré qu’en France, "l’Eglise doit garder sa générosite dans les conditions maintenant différentes de l’activité missionnaire". Et de rappeler

    que l’Eglise catholique de France avait su entendre l’appel, lancé il y a

    30 ans par le pape Pie XII, dont l’encyclique "Fidei donum" exhortait les

    diocèses d’Occident à envoyer des forces vives dans les territoires du

    tiers-monde pour promouvoir l’évangélisation. Suite à cet appel, "la plupart des diocèses et des congrégations diocésaines ont com pris que, malgré

    leur pauvreté réelle, le départ de certains de leurs membres ne leur portait pas préjudice, mais avait ajouté une dimension nouvelle à leur action", a insisté Jean Paul II.

    Attention à l’aggravation de la pauvreté

    Le pape a aussi évoqué la dernière assemblée de l’épiscopat français à

    Lourdes ou on a, "à juste titre, mis en rapport les diverses formes de la

    solidarité à laquelle sont appelés les chrétiens".

    A ce sujet, Jean Paul II a noté que les rapports présentés à Rome par

    les évêques de Provence et de Méditerranée "relèvent la persistance et

    l’aggravation de la pauvreté au milieu d’une société relativement aisée ou

    même riche, la marginalisation d’un grand nombre d’hommes et de femmes sur

    qui s’abattent les fléaux du chômage, du manque de formation, la précarité

    du logement".

    Cela, a souligné Jean Paul II, "ne peut être regardé par aucun chrétien

    comme un mal inévitable conduisant presque fatalement à toutes les perversions". "Un sens élémentaire de la fraternité impose d’agir", a enchaîné le

    pape, ajoutant que "les charges de la solidarité avec le prochain immédiat

    ne font pas oublier l’ouverture universelle aux besoins universels de milliards d’êtres humains moins favorisés".

    Citant le pape Paul VI, Jean Paul II a encore déclaré que les hommes

    d’aujourd’hui vivent dans une "civilisation de solidarité mondiale" et

    qu’ainsi, "la responsabilité morale ne peut s’arrêter aux frontières, car

    c’est toujours l’homme qui en est le sujet".

    Parmi les dix évêques français réunis autour du pape figuraient Mgr

    Coffy et son auxiliaire pour Marseille, Mgr Dufaux ., Mgr Bouchex (Avignon)

    ., Mgr Panafieu (Aix-en-Provence) ., Mgr Cadilhac (Nîmes) ., Mgr Boffet

    (Montpellier) ., Mgr Séguy (Gap) ., Mgr Madec (Fréjus-Toulon) ., Mgr

    Saint-Macary (Nice) ., Mgr Casanova (Ajaccio). (apic/jt/be)

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