"Eduquer n’est pas contraindre"
Paris, 9juin(APIC) Depuis 20 ans, les évêques de France n’avaient pas
pris collectivement la parole sur l’école. Le 9 juin, la Commission épiscopale du monde scolaire et universitaire a rendu public un document intitué:
"Eduquer n’est pas contraindre". Cette déclaration avait été, au préalable,
adressée à tous les évêques français, et présentée au Conseil permanent de
l’épiscopat qui en avait souhaité la publication.
Le document présenté le 9 juin affirme que l’école doit non seulement
contribuer à l’acquisition des connaissances, mais qu’elle doit aussi
"préparer les jeunes à trouver leur place dans la société", les former à
"devenir citoyen, à prendre leurs responsabilités dans la vie sociale et
économique". L’école a aussi pour mission la transmission de certaines valeurs - "missions difficiles dans un monde pluriel" -, reconnaît le Père
Jean-Louis Vincent, secrétaire national de l’aumônerie de l’Enseignement
public. L’Eglise entend bien contribuer à cette tâche éducative.
Dans le contexte de laïcité de la société française, "évangélisation" ne
signifie pas "prosélitisme", précise Mgr Bernard Panafieu, archevêque
d’Aix-en-Provence et président de la Commission du monde scolaire et universitaire: il s’agit pour l’Eglise de contribuer à la recherche "d’objectifs communs qui puissent orienter un projet éducatif" dans le respect des
convictions de chacun et tout en témoignant de ses propres convictions.
La troisième partie, enfin, présente "Au service de l’école: deux institutions d’Eglise": d’une part l’enseignement catholique, "caractérisé à la
fois par un projet d’éducation qui veut prendre appui sur un sens chrétien
de l’homme et par une communauté éducative qui cherche à inscrire dans une
perspective évangélique la mise en oeuvre de ce projet". D’autre part,
l’aumônerie de l’enseignement public qui "veut apporter sa contribution à
l’oeuvre d’éducation entreprise par cet institution", avec "un souci particulier des plus pauvres et des exclus".
Dans le concept français actuel, marqué par la tradition judéo-chrétienne et par le pluralisme culturel, cette déclaration d’une commission épiscopale - qui apparaît bien comme une parole de l’ensemble des évêques français - est une invitation lancée à tous les acteurs de l’enseignement à rechercher un consensus. Car, comme l’affirmait Mgr Panafieu, ce qui nous
manque en France c’est "une utopie mobilisatrice". (apic/mjh/pr/bd)