contre le racisme et veulent continuer "d’accueillir l’étranger"
Une première évaluation de leur démarche
Paris, 2mai(APIC) Les auteurs de la campagne oecuménique "Accueillir
l’étranger", lancée il y a six mois par les Eglises catholique, protestante
et orthodoxe de France, regroupées au sein du Conseil des Eglises chrétiennes en France (CRCF), ont fait vendredi à Paris une première évaluation de
cette campagne dans les locaux de l’Institut catholique. Pour les quelque
70 signataires de cette action pour lutter contre le racisme (radios, mouvements d’action catholique et protestante, communautés étrangères, mouvements de jeunesse,) le débat sur la question des étrangers demeure terriblement actuel.
Les problèmes que vivent les habitants des banlieues des grandes villes,
aggravés par le chômage persistant, restent cruciaux. De plus, les députés
de l’Assemblée nationale vont être appelés prochainement à délibérer sur
l’introduction d’un nouveau code de la nationalité et sur une nouvelle législation visant à renforcer les contrôles d’identité des étrangers.
Le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de
France et l’un des vice-présidents du CECF, a tenu à rappeler que la réunion de vendredi se voulait d’abord une évaluation de la situation présente
et non pas une conclusion. Tous les intervenants se sont accordés à dire
que les problèmes sont loin d’être résolus et qu’ils seront malheureusement
encore à l’ordre du jour dans les années à venir. Jean Théoleyre, responsable du Carrefour d’information, a relevé les points positifs des différentes actions menées à travers le pays: l’émergence de groupes oecuméniques
qui ont vécu une "oecuménisme de charité" et non plus seulement de doctrine; une exposition a fait le tour des communautés chrétiennes du Massif
central; des rencontres ont été organisées au niveau des quartiers avec des
étrangers; des lettres ont été envoyées aux candidats aux dernières élections législatives pour les rendre attentifs au thème de l’ouverture à
l’autre.
Diversité des actions
Les signataires se sont ensuite fait l’écho de leurs mouvements. Le pasteur Jacques Maury, président de la CIMADE, a présenté l’éventail des thèmes abordés dans cette recherche commune en vue d’une société plus humaine:
le chômage, les relations Nord-Sud, les problèmes structurels de notre société. Olivier Gaignet, de la Commission épiscopale des Missions l’Extérieur, a rappelé les exigences chrétiennes au niveau de la politique internationale. Les représentants du Bureau national des Communautés africaines
ont fait part d’un certain malaise: "Au début, le sujet traité n’a pas été
bien accueilli par les Africains vivant en France".
Quel avenir?
Geneviève Jacques, secrétaire générale de la CIMADE et Jean-François
Berjonneau, secrétaire général de la Commission épiscopale des migrations,
ont fait la synthèse des échanges. Il faut amplifier le travail auprès de
l’opinion publique afin d’annihiler les fantômes que font naître la crise
économique, les fantasmes et la peur de "l’autre". Plus que jamais, la solidarité se doit d’être à l’ordre du jour. L’oecuménisme doit, tout en restant lui-même, s’ouvrir au dialogue avec les autres religions. Enfin, pour
Geneviève Jacques, la vigilance demeure de rigueur pour éviter les amagalmes simplistes et la recherche de boucs émissaires. Elle demeure aussi pour
exiger la justice et le respect de toute personne humaine. Elle seule peut
engendrer cette "conversion du regard qui permettra de réinventer de nouvelles règles de partages au sein même de notre pays". (apic/ecl/ba)