France: les communautés de l’Arche ont 25 ans (111289)
Paris, 11décembre(APIC) "L’amour ne se décrète pas par arrêté ministériel!", a déclaré Claude Evin, ministre français des Affaires sociales, en
ouvrant samedi 9 décembre le colloque organisé pour célébrer le 25e anniversaire des communautés de l’Arche, fondées par Jean Vanier. Le colloque
était présidé par le ministre des Affaires sociales et l’ambassadeur du Canada en France, Claude Charland, en présence du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris.
C’est en août 1964 que Jean Vanier, ancien officier de marine, fils d’un
ambassadeur du Canada en France, s’installa dans une petite maison de l’Oise, avec deux personnes atteintes d’un handicap mental: Raphaël et Philippe. Insérés dans le village, se sentant aimés et reconnus, Raphaël et Philippe ont repris goût à la vie. La première communauté de l’Arche était
née. Autour d’eux, d’autres communautés n’ont pas tardé à se former où handicapés mentaux et biens-portants vivent ensemble.
Aujourd’hui, il en existe 87, répartis dans 22 pays de tous les continents. L’Arche - symbole de l’alliance entre Dieu et les hommes - regroupe
environ 3’000 membres qui habitent dans des foyers d’une dizaine de personnes, insérés en milieu urbain où en secteur rural. L’Association propose
aux personnes handicapées un travail dans différents types d’ateliers:
sous-traitance industrielle, prestation de service ou production propre.
Les participants au colloque ont pu entendre notamment les interventions
du philosophe Michel Serres, qui a traité des "mécanismes de l’exclusion
dans la société", de Xavier Le Pichon, géologue, professeur au Collège de
France, qui vit lui-même avec sa famille, depuis 12 ans, dans une communauté de l’Arche: il a établi un parallèle entre les rôles respectifs joués
dans l’évolution de l’univers terrestre et dans celui de la vie par les
failles terrestres et les failles sociales.
De son côté, Jeanine Chanteur, professeur de philosophie à la Sorbonne,
et mère d’un enfant handicapé, a apporté un émouvant témoignage: "on peut
faire face à tout... sauf au mal!", a-t-elle déclaré. Quant au fondateur de
l’Arche, Jean Vanier, il a évoqué le "pouvoir mystérieux du faible: si on
s’approche de lui, il nous guérit et nous conduit dans un autre monde, qui
n’est plus celui de la guerre, mais le monde de l’amour". (apic/mjh/pr)