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    La réconciliation n’aura pas lieu

    France: les cendres de l’abbé Grégoire au Panthéon (111289)

    Paris, 11décembre(APIC) Ce devait être le "bouquet final" des célébrations du bi-centenaire de la Révolution française: le 12 décembre prochain,

    les cendres de trois grands hommes qui ont marqué cette période de l’histoire de France seront solennellement déposées au Panthéon, haut lieu des

    héros de la République: un évêque, l’abbé Henri Grégoire; un savant, Gaspard Monje, l’un des fondateurs de l’école polytechnique; et un humaniste,

    le marquis de Condorcet.

    Depuis l’annonce de cette cérémonie, un débat feutré traverse l’épiscopat français: les évêques de France délégueraient-ils certains d’entre-eux

    aux cérémonies qui honoreraient l’un des leur? La question, en effet, pouvait se poser: si l’abbé Grégoire - que l’on continue à appeler ainsi malgré sa consécration épiscopale - s’était notamment distingué en défendant

    les juifs et en luttant contre l’esclavage des noirs, il avait aussi voté,

    en juillet 1790, la Constitution civile du clergé et avait prêté le serment

    civique le 27 décembre 1790.

    Alors que l’Eglise de France se trouvait déchirée entre les défenseurs

    de la monarchie et les partisans de la République, l’abbé Grégoire avait

    choisi le second camp: il était un "traître jureur". Devant la prudence manifestée par l’épiscopat face à la commémoration de la Révolution, on pouvait donc se demander si la hiérarchie de l’Eglise de France serait représentée au Panthéon, le 12 décembre.

    Il semble bien que seul le nonce apostolique, Mgr Antonetti, représentera officiellement l’Eglise catholique. La rumeur laissait supposer que le

    cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon et président de la Conférence des évêques de France, n’assisterait pas lui-même à la cérémonie. Dans

    une interview accordée au quotidien "Le Monde" du 8 décembre, le cardinal

    Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, a expliqué pourquoi il n’y aura officiellement - pas d’évêques français au Panthéon: "En votant la Constitution civile du clergé, en lui prêtant serment, en acceptant d’être un

    évêque élu, l’abbé Grégoire défend une conception de l’Eglise qui est différente de la tradition catholique". En revanche, apprend-on, une messe sera célébrée ce même mardi 12 décembre, à la mémoire de l’abbé Grégoire.

    Pourtant, de nombreux groupes regrettent l’attitude de la hiérarchie de

    l’Eglise de France. Ainsi, le Comité permanent d’initiative de "l’Appel au

    dialogue" lancé par l’hebdomadaire "Témoignage Chrétien" invite les laïcs,

    les religieux et religieuses, et - pourquoi pas? - des évêques, à être présents au Panthéon le 12 décembre: "L’Eglise sera représentée non pas par

    les représentants officiels de l’épiscopat français qui ont préféré s’abstenir, mais assurément à travers le peuple de Dieu!" Une fois encore, on

    le constate, les querelles qui ont divisé les chrétiens de France sous la

    Révolution ne sont pas encore totalement apaisées. (apic/mjh/pr)

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