France: L’Office Chrétien des personnes handicapées (031189)
Paris, 3novembre(APIC) 3,6 millions de personnes handicapées vivent en
France. Pour les aider à mieux vivre, des associations se sont multipliées
au fil des ans, dont l’Office Chrétien des Handicapés (OCH); il accueille
de nombreux parents. Dans un article que publie "Paris Notre Dame", MarieHélène Mathieu, l’une des fondatrice de cet office raconte comment il est
né, comment et pourquoi elle a choisi de devenir éducatrice spécialisée.
On y côtoie la souffrance mais l’ambiance est au sourire au 90 de l’avenue de Suffren à Paris, siège de l’Office Chrétien des personnes handicapées. Sourire de Marie-Hélène Mathieu et de tous ceux qui travaillent avec
elle. A l’âge de 11 ans, elle fait la connaissance, dans sa classe, d’Alice, handicapée mentale. Quand le professeur de dessin ridiculise Alice en
montrant son dessin à toute la classe, Marie-Hélène est la seule à voir
couler des larmes sur le visage de la jeune fille. "J’ai compris qu’elle
pouvait être la souffrance d’un être handicapé". Elle veut devenir éducatrice spécialisée: "Lors de mes stages, j’ai vu la détresse des parents.
J’ai souhaité les aider à retrouver l’espérance".
En 1963, à la demande de parents qui sont de plus en plus nombreux à réclamer un soutien spirituel, l’Office Chrétien des Handicapés voit le jour,
grâce à Marie-Hélène Mathieu et au Père Henri Bissonnier. Ce n’est pas un
mouvement d’Eglise, mais un service, rendu aux parents et aux handicapés.
Une plaque tournante, où l’on est dirigé vers d’autres associations. 800
visiteurs par an, avec des demandes très variées: "Nous allons déménager.
Dans notre nouveau logement, plus petit, ma fille ne pourra pas emporter
son oiseau..." Certaines sont tragiques: "J’attends un enfant handicapé. Je
n’ai pas la force de le garder. Je n’en peux plus. Aidez-moi à trouver une
solution".
Une présence, une force
Beaucoup d’appels téléphoniques, et de lettres aussi. "Le coup de glaive
est ressenti par les parents, dit Marie-Hélène Mathieu. Certains passent
par une période de rejet et redoutent les associations. Il est normal
d’éprouver de la tristesse lorsque l’on sait que l’enfant attendu sera différent... Mais c’est enfant ne sera heureux que s’il se sent aimé. Plusieurs années sont parfois nécessaires. A la naissance d’un enfant handicapé, il importe que la famille et les amis soient proches des parents. C’est
tout juste si ceux-ci ne recoivent pas des condoléances!"
Dans les locaux de l’OCH, où une vingtaine de bénévoles travaillent, les
visiteurs sont reçus longuement, écoutés avec attention. L’équipe souhaite
rester peu nombreuse, à "l’échelle humaine". Certains visiteurs reviennent
plusieurs mois de suite, d’autres ne font que passer. A Lourdes, l’OCH a
ouvert en 1973 une autre permanence d’accueil: le pavillon des personnes
handicapées, malades, familles et amis. Entre Pâques et la Toussaint, il
accueille quelque 4’000 personnes.
Autre réalisation de l’OCH: "Ombres et Lumière", une revue tirées à
20’000 exemplaires, créée en 1968. Elle recueille des témoignages de parents, des reportages, des points de vue de médecins, des prières. MarieHélène Mathieu cite à ce propos l’exemple de la mère d’un enfant: "Sa blessure était si profonde qu’elle jetait à peine un regard sur "Ombres et Lumière". Au début, elle ne faisait que lire la phrase écrite au dos de la
revue. Elle n’acceptait pas d’être ainsi classée. Aujourd’hui elle fait
connaître la revue autour d’elle!" 50% seulement des abonnés sont personnellement touchés par le handicap. (apic/pnd/pr)