Paris, 13décembre(APIC) "Je suis un conservateur de l’avenir!" a affirmé
le cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon et président de la Conférence épiscopale française, invité de l’émission l’"Heure de vérité",
lundi 12 décembre, sur la Deuxième chaîne de Télévision française. L’ affirmation de l’archevêque de Lyon se rapportait aux prises de position de
l’épiscopat face aux problèmes de la pilule abortive RU486, du préservatif
comme prévention du sida, de la fécondation in vitro comme moyen pour un
couple stable d’avoir un enfant...
Pour Mgr Decourtray, les interdits opposés par l’Eglise catholique ne
sont pas les suites d’une vieille lutte contre le modernisme: ils indiquent
"la direction d’une humanisation meilleure". Il n’en a pas moins reconnu,
tout comme le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, quelques jours
plutôt, que la publicité faite à la télévision pour l’usage des préservatifs était "beaucoup plus discrète que dans d’autres pays", et que, si on
oublie qu’il y a "d’autres manières de lutter contre le sida, il vaut mieux
encore un moyen qui n’est pas bon que de donner la mort." Il a également
annoncé la prochaine publication "d’un texte très documenté, très circonstancié" de l’épiscopat français, sur la question du RU486 et de l’avortement.
Interrogé sur l’attitude de l’Eglise catholique vis-à-vis de l’Europe,
et la vague perspective d’une liste chrétienne aux élections européennes de
1989, Mgr Decourtray a exprimé son voeu d’une Europe marquée par l’esprit
chrétien, ouverte au tiers monde, mais il a aussi dit son désaccord sur la
présentation d’une telle liste qui "irait contre le réalisme avec lequel
nous devons considérer la réalité d’aujourd’hui". Car l’Eglise doit rechercher "une laïcité ouverte": la "mission du dialogue" envoyée en Nouvelle
Calédonie au mois de mai, constituée entre autres d’un pasteur protestant,
d’un prêtre catholique et d’un franc-maçon, lui apparaît comme un bel exemple de cette "laïcité ouverte". Pour le premier des évêques de France, la
laïcité, c’est "une volonté de respecter très profondément la liberté des
autres".
Un sondage, effectué en fin d’émission auprès de 500 téléspectateurs a
révélé que 56% d’entre eux jugeaient l’Eglise catholique pas assez ouverte
au monde et l’Eglise de France pas assez tolérante. Quant à Mgr Decourtray,
36% des personnes interrogées avait de lui une bonne opinion au début de
l’émission, pourcentage qui est passé à 58% en fin d’émission. Un score qui
montre que l’archevêque de Lyon a parlé un langage qui a touché, sans toutefois parvenir à résorber le décalage qui existe entre l’Eglise et la société. (apic/mjh/pr)