France : l’effectif des séminaristes reste stable (100490)
Paris, 10avril(APIC) L’effectif des séminaristes a tendance à se stabiliser en France : pour l’année universitaire 1989/1990, on note une très légère hausse du nombre des candidats au ministère sacerdotal. Les séminaristes sont en effet aujourd’hui 1258, soit trois de plus que l’année précédente. Si, avec 140 ordinations sacerdotales en 1989, il faut remonter à
1975 pour trouver un nombre supérieur d’ordinations (soit 161), cela n’est
de loin pas suffisant pour combler les départs dus en particulier aux décès
et à l’âge moyen très élevé du clergé de France.
A l’occasion du Jeudi Saint, le 12 avril, jour où l’Eglise célèbre
l’institution par le Christ du ministère sacerdotal, la Conférence des évêques de France publie des statistiques sur les vocations.
Avec un clergé dont la moyenne d’âge dépasse les 60 ans, la France compte quelque 21’000 prêtres diocésains en exercice (dont quelque 200 prêtres
"fidei donum" au service de la mission à l’étranger), ainsi que 3’000 prêtres religieux (sur un total de 17’500 religieux - prêtres, moines contemplatifs, frères enseignants ou hospitaliers -, dont 3’000 sont missionnaires à l’étranger) pleinement au service de la pastorale diocésaine, précise
le Père Digonnet, coordinateur du Service national des vocations à Paris.
Ce nombre va diminuer encore dans les années qui viennent en raison justement des décès et de l’âge élevé du clergé. Ainsi, la relève actuelle ne
permettra pas dans un avenir proche de combler les vides, surtout qu’il
faut 6 ans au minimum pour former un prêtre, précise le P. Digonnet, qui
fut durant 18 ans missionnaire "fidei donum" en Afrique. "Je crois que nous
allons aujourd’hui vers un travail pastoral marqué par la collaboration
entre prêtres et laïcs, qui doit pouvoir assurer un service pastoral de
qualité, avec la participation de nombreux laïcs engagés", estime le
responsable du Service des vocations.
"De toute manière, même si le nombre de prêtres augmentait considérablement, estime-t-il, il faudrait probablement en dégager plus pour la mission
et voir comment mettre plus de laïcs dans le coup pour un certain nombre de
tâches qui jusque-là étaient souvent confiées à des prêtres". Ainsi, aujourd’hui déjà, il n’y a pratiquement plus de prêtres qui assurent eux-mêmes la catéchèse des enfants.
Il serait dommage que les laïcs, affirme-t-il, soient considérés comme
assurant aujourd’hui une tâche de suppléance en attendant que nous ayons de
nouveau des prêtres en nombre suffisant. "Ce serait une façon de voir les
choses qui n’irait pas dans le sens de ce que l’Eglise souhaite aujourd’hui: ainsi, au titre du baptême, tout chrétien dans l’Eglise doit assurer un certain nombre de responsabilités; donner des tâches aux laïcs, ce
n’est pas seulement conjoncturel, mais cela fait vraiment partie de leur
ministère de baptisés". (apic/com/be)