une nouvelle rencontre: les "Etats généraux de l’espérance"
Paris, 11avril(APIC) En 1989, l’"Appel pour une Eglise du dialogue", lancée par une trentaine de personnalités et relayé par l’hebdomadaire "Témoignage Chrétien" recueillait plus de 27’000 signatures et conduisait, en
octobre de cette même année, à un "Forum pour une Eglise du dialogue au
service des hommes et du monde". Depuis, des forums régionaux se sont réunis, une revue est née, une recherche s’est élaborée. Démarche qui conduit
à convoquer, pour les 23 et 24 novembre 1991, des "Etats généraux de
l’espérance".
L’invitation à cette rencontre, lancée lors une conférence de presse
mardi à Paris, est faite par des mouvements et organismes d’Eglise, entre
autres le Conseil presbytéral de la Mission de France et le Conseil général
des Frères missionnaires des campagnes. Quatre hebdomadaires ou revues catholiques patronnent cette initiative: "La Vie", "Témoignage Chrétien",
"L’Actualité religieuse dans le monde" et "Croyants en liberté".
Les revendications de ces chrétiens qui réclament le dialogue dans leur
Eglise sont de quatre ordres, précisait Gabriel Marc, l’un des premiers signataires de l’Appel, qui présidait la conférence de presse: "Une nouvelle
manière d’être en Eglise, le souhait d’une Eglise où tous puissent s’exprimer; une formation qui s’adresse à l’intelligence de la foi plutôt qu’à la
seule répétition des dogmes; un magistère qui risque une parole engageante
sur les problèmes sociaux, politiques, économiques et financiers; enfin une
Eglise démocratique, pluraliste, ouverte à la confrontation et au dialogue
avec les autres courants de pensée et les autres religions. Bref, une Eglise vivante, moderne, qui fait "passer la vie des hommes avant l’immuabilité
de sa structure".
Que seront ces Etats généraux de l’espérance ? Il est encore trop tôt
pour le dire de manière précise. Mais ils seront tout à la fois partage,
témoignage d’une Eglise soucieuse d’être elle-même pauvre pour que les
pauvres y aient leur place. La célébration et la fête seront aussi à l’ordre du jour.
La hiérachie catholique sera-t-elle représentée ? Il ne s’agit pas du
tout d’une rencontre en opposition aux évêques ou à qui que ce soit. Un
prochain rendez-vous doit avoir lieu entre les organisateurs et Mgr Joseph
Duval, président de la Conférence des évêques de France. Des représentants
de groupes catholiques de toute l’Europe, qui se réclament eux aussi d’une
Eglise de dialogue, seront également invités. (apic/mjh/ba)