France: l’AJIR française reçoit le ministre Pierre Joxe (220390)
Paris, 22mars(APIC) Pour la première fois depuis la fondation de l’Association française des journalistes de l’information religieuse (AJIR), voilà près de 70 ans, un ministre de l’Intérieur - à ce titre ministre des
cultes - était l’hôte de l’association. L’actuel ministre français des cultes, M. Pierre Joxe, en effet, a été reçu mardi 21 mars à Paris par une
centaine de journalistes. Les événements et l’actualité des derniers mois
en France ont été évoqués. L’islam était au centre des débats.
"C’est une question que la France a besoin de traiter gentiment", a déclaré d’emblée le ministre. La présence de l’islam en France est un phénomène relativement récent. Or cette religion compte aujourd’hui dans le pays
plusieurs millions de fidèles, dont beaucoup sont français, et plusieurs
centaines de lieux de culte. "La question de l’islam doit pouvoir être débattue sereinement et avec compétence": c’est pourquoi M. Pierre Joxe a décidé la création d’un Conseil consultatif de la communauté musulmane en
France. Ce Conseil est composé de quinze personnalités musulmanes, nommées
par lui, parmi lesquelles neuf Français dont les avis devraient aider le
gouvernement à faciliter l’"insertion harmonieuse dans la société française" d’une religion qui est, numériquement, la seconde du pays.
Le ministre a rappelé que la plupart des musulmans en France appartiennent à la catégorie la plus pauvre de la population, à celle qui est privée
de ses droits culturels... D’où la nécessité, pour le gouvernement, "de
traiter la question de l’islam avec une particulière attention et en s’efforçant aussi de faire respecter les droits de cette communauté".
Sur la question du foulard islamique, qui a déclenché une vive polémique, le ministre s’est montré très serein. "Depuis des années, des jeunes
filles mettent un foulard sur la tête: à mes yeux cela n’a rigoureusement
aucune importance. Je ne suis intervenu que lorsque le ministre de l’Education nationale a dû lui-même intervenir. Il y a des tas de petites jeunes
filles qui vivent chez elles presque cloîtrées: il vaut mieux qu’elles
puissent aller au lycée avec un foulard sur la tête que de ne pas y aller
du tout!" Rappelant qu’on ne parle guère de l’islam en France que lorsqu’il
y a crise, le ministre a invité une fois encore à avoir une réflexion plus
paisible: "Ce sont des histoires à ramener à leurs justes proportions", at-il conclu. (apic/mjh/pr)