Paris, 31juillet(APIC) L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la
Torture (ACAT), une association oecuménique internationale présidée par un
avocat français, Maître Guy Aurenche, a pris l’initiative de mener une
enquête sur les événements qui se sont déroulés en avril dernier sur l’île
d’Ouvea, en Nouvelle Calédonie.
Quatre gendarmes ont été assassinés le 22 avril à Fayaoué et dix-neuf
militaires pris en otage du 22 avril au 5 mai dans la grotte de Gossanah.
Tant les assassins présumés que les preneurs d’otages sont poursuivis par
la justice. Mais tout a-t-il été dit ?
Ce n’est pas l’avis de l’ACAT, qui publie des extraits de plus de 40
témoignages recueillis sur place parmi la population de la tribu des Gossanah. Des hommes et des femmes y décrivent les sévices dont ils ont été victimes pendant cette période de la part de membres des Forces Armées voulant
obtenir des informations sur la localisation de la grotte : pillages,
décharges électriques lors d’interrogatoires, coups infligés à des habitants de l’île attachés des heures durant à un cocotier ou à un poteau, humiliations, manoeuvres d’intimidation, torture,...
Joseph Tangopi, qui a accompagné les militaires à la grotte à la demande
de ces derniers, était présent au moment de l’assaut final. Il a été interrogé par le capitaine Papin sur son déroulement. "Je lui ai raconté la façon dont ils ont tué Amossa, dit-il; il y avait deux militaires, un qui lui
disait de ne pas bouger et un qui a appelé, et le premier a tiré sur lui et
l’a tué. C’est à partir de ce point-là que le capitaine n’a plus parlé, et
l’interrogatoire s’est achevé. Le capitaine Papin n’a rien écrit, je n’ai
rien signé. Ca s’est passé comme ça, mais je pense que quand Papin est arrivé ici, il était déjà au courant de l’histoire et qu’il savait comment
Amossa avait été tué".
Des témoignages accablants, que l’ACAT estime de son devoir de publier.
L’Organisation invite le Garde des Sceaux à veiller à ce que la justice
fasse toute la lumière sur les faits relatés. Elle précise : "Ce faisant,
l’ACAT ne porte pas atteinte à l’honneur de l’armée française. Bien au contraire. Elle agit ainsi pour que soient respectés par tous et pour tous les
normes de l’Etat de Droit". (apic/cip/cor)