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    intentions de chacun =

    France: l’abbé Pierre demande pardon Dieu est seul juge de la droiture des

    Paris, 23 juillet 1996 (CIP)

    Le journal "La Croix" publie dans son édition du 23 juillet cette

    déclaration que lui a confiée l’abbé Pierre, où le fondateur d’Emmaüs

    retire tous ses propos sur l’affaire Garaudy et demande pardon à ceux qúil

    a pu blesser:

    "Soucieux de vivre la vérité,

    libre de toutes les pressions, voyant mes propos relatifs aux travaux de

    Roger Garaudy, spécialement le livre "Les mythes fondateurs de la politique

    israélienne", exploités par des courants qui jouent dangereusement avec les

    périls antisémites et néofascistes ou néonazis, que j’ai combattus et que

    je combattrai toujours,

    je décide de retirer mes propos, m’en remettant entièrement aux seules

    opinions des experts de l’Eglise,

    et, demandant pardon à ceux que j’ai pu blesser, je veux laisser Dieu seul

    juge de la droiture des intentions de chacun."

    Lettre à Garaudy

    "La Croix" publie par ailleurs une lettre adressée par l’abbé Pierre à

    Roger Garaudy le 22 juillet, lui demandant que son nom ne soit plus lié au

    livre controversé de ce dernier, "dont je ne savais rien", dit-il. Et de

    faire cet aveu concernant l’appel à l’aide de Garaudy suite aux attaques

    dont il était la cible: "Je ne savais rien de ce que, sur tout ce dont ont

    été martyrisés tant de nos frères juifs, on nomme "révisionnisme" et

    "négationnisme". C’est seulement lorsque je lisais à un ami la lettre que

    je t’avais adressée qúil me parla de ce que ces mots signifiaient. Comment

    aurais-je pu imaginer le fol déchaînement de passion, à travers les médias,

    que ta demande allait jeter sur toi et sur moi ?"

    Le fondateur d’Emmaüs évoque son long combat et celui de ses compagnons en

    faveur des plus démunis, "chez nous, et en plus de 40 pays", pour dire que

    "beaucoup de ces volontés généreuses, de frères et de soeurs pour moi, sont

    blessés profondément". Il renouvelle à Garaudy sa "confiance en ta

    sincérité", qui "reste totale, puisque du maintiens ta détermination, si

    °...§ des preuves te sont données d’erreurs, de les corriger, à condition

    bien sûr que, dans un dialogue, cette détermination soit réciproque".

    L’abbé Pierre confirme sa décision du 1er mai - "bien peu respectée" - : il

    doit, "afin de ne pas brûler mes faibles énergies dans des polémiques

    auxquelles rien ne m’a préparé, et pour continuer à me donner entièrement à

    ce qui a rempli ma vie, cesser toute participation à ce cruel débat". Il

    précise en post-scriptum sa "décision absolue et définitive" que son nom ne

    soit plus d’aucune façon lié à celui de Garaudy à propos de son livre. "Tu

    ne sauras jamais ce que tout cela m’a fait souffrir", ajoute-t-il.

    "J’ai eu tort"

    "La Croix" publie enfin des extraits d’une lettre collective que l’abbé

    Pierre adresse à ceux qui lui ont écrit durant ce "cyclone". Sous le titre

    "Réponse à un inconnu", cette circulaire de quatre pages qualifie la

    polémique de "folie". Elle s’est traduite pour lui en "faussetés, haines,

    railleries dans une simultanéité mystérieuse. Après avoir fait de moi

    presque une idole, soudain on me lynchait comme un suppôt de Satan". Son

    séjour au monastère de Praglia, en Italie, a permis à l’abbé Pierre de lire

    enfin le livre de Garaudy. "J’ai eu tort", avoue-t-il après coup, en

    attendant l’avis d’experts sollicités. A propos de la shoah, il admet

    "avoir eu tort d’évoquer, comme s’il y avait une analogie, d’autres tueries

    passées... Aucune n’a voulu autant que celle de ce siècle cette monstrueuse

    sacralisation, ni cette ampleur aux contrecoups planétaires". Les "frères

    juifs" lui inspirent cette question : "Qúest-ce qúont donc d’unique le

    peuple et la foi juifs pour que, tout au long des siècles, ils aient connu

    tant de génies, tant d’amitiés et tant de haines, jusqúau plus récent

    génocide ?" L’ancien résistant répond en se souvenant de la supplication

    d’un juif (devenu dominicain) dont il avait secouru la soeur: "Parce qúils

    sont ferments."

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