du Pape sur la dignité et la vocation de la femme
Paris, 3novembre(APIC/CIP) La récente lettre apostolique de Jean-Paul II
Mulieris dignitatem sur la dignité et la vocation de la femme n’a pas
laissé insensible le mouvement international "Femmes et Hommes dans l’Eglise".
Le mouvement se réjouirait volontiers de ce document "qui va dans le
sens de l’égalité et de la réciprocité entre les hommes et les femmes".
Ainsi, affirme-t-il dans un communiqué, "le commentaire de la femme
adultère est superbe et manifeste une grande lucidité vis-à-vis du péché
masculin. On pourrait citer de nombreux exemples de ce "féminisme" du pape".
Le mouvement regrette toutefois que ces acquis, pour précieux qu’ils
soient, ne modifient pas encore totalement la pensée du pape sur les femmes: "Plus le texte avance, plus il semble que la "réciprocité" s’estompe,
au profit d’une affirmation des caractéristiques et spécificités féminines", ce qui amène à enfermer les femmes dans une "vocation immuable" (p.
115) de "femme éternelle" (p. 117) conforme au "dessein éternel de Dieu"
(p. 109). Pour "Femmes et Hommes dans l’Eglise", "cette façon de se crisper
sur la spécificité de la femme réduit à peu de chose les efforts développés
pour promouvoir une relation plus équilibrée entre les hommes et les femmes".
Le mouvement ne partage pas le point de vue du pape sur la question de
l’accès des femmes au sacerdoce: "Parce que les femmes accepteront de moins
en moins qu’un homme, fût-il pape, sache mieux qui elles sont et comment
elles doivent se comporter, il leur est non moins difficile de souscrire à
une interprétation aussi catégorique de la volonté du Christ en ce qui regarde leur accès au sacerdoce".
Le groupe "Femmes et Hommes dans l’Eglise" convie donc "tous les hommes
et femmes de bonne volonté à poursuivre le travail commencé", un travail
"qui porte des fruits évidents dans la pensée du magistère". Et de conclure: "C’est à nous, peuple de Dieu, qu’il appartient aussi de scruter encore
le "dessein éternel" de Dieu et la "volonté du Christ", qui n’ont certainement pas fini de se révéler dans leur plénitude".(apic/cip/pe)