"Chrétiens, ne rêvez pas votre vie, vivez vos rêves!"
Paris, 25novembre(APIC) Plus de 4000 chrétiens se sont réunis à St-Ouen
au nord de Paris les 23 et 24 novembre pour vivre les "Etats Généraux de
l’Espérance". Venus de toute la France, hommes et femmes, jeunes et moins
jeunes ont proclamé leur amour et leur espérance pour l’humanité et pour le
monde.
Georges Montaron, directeur de l’hebdomadaire "Témoignage chrétien" et
initiatieur de ce rassemblement a expliqué: " Il y a deux ans plus de
27.000 chrétiens poussaient un immense cri de douleur. Face à l’entreprise
de restauration de l’Eglise qui entrainait celle-ci loin des rives où
s’était épanoui Vatican II; en octobre 1989 ils décidaient de convoquer des
Etats généraux placés sous le signe de l’espérance pour 1991; aujourd’hui
nous sommes 4000".
Les participants ont été invités à se répartir dans cinq assemblées
partielles, autour de cinq thèmes: la paix, l’économie, l’éthique, la
modernité et la démocratie dans l’Eglise.
L’occasion de jeter un regard critique sur la société d’où la solidarité
est absente: beaucoup de voix se sont élevés contre les "50 mesures concrètes sur l’immigration" proposées par le Front national, regard critique
aussi sur l’Eglise au discours "normatif et trop moralisateur" "qui nous
écoute, mais qui ne tient pas compte de notre avis". La conclusion de ces
débats a été donnée par Jean-Claude Petit, directeur de l’hebdomadaire "la
Vie": "Devenons des chrétiens pour la planète. L’amour de la vie nous presse, mettons en pratique le partage et la solidarité. Nos frères humains
sont notre hantise et les béatitudes notre boussole".
Mgr Guy Deroubaix, évêque de St-Denis, a présidé l’eucharistie du
dimanche. Il a parlé de la petite graine d’espérance "qu’on croyait morte,
elle n’était qu’endormie comme la fille de Jaïre... vous l’avez écrite dans
les cahiers d’espérance".
Quelques paroles pour l’an 2000
Le dimanche après midi les participants on pu entendre les interventions
de plusieurs militants de la paix. L’Africaine, Agnès Avognon-Adjhao a rappelé que "le requiem des révolutions n’inclut pas le Te Deum pour les libéralismes sauvages", tandis que le Père Jésuite d’Uruguay Luis Perez Aguirre
s’est écrié: "Comment annoncer aux "non personnes" qu’elles sont enfants de
Dieu". Elias Chacour, prêtre palestinien a demandé à chacun de se "salir
les mains" pour la paix. Maria Lourdes Pintasilgo, ancien premier-ministre
du Portugal, a appelé les chrétiens à exiger de leurs gouvernements la mise
en oeuvre de mesures "qu’ils ont eux-même décidés concernant les droits de
l’homme".
A isssue de ces deux jours, une "charte de l’espérance" a été proclamée.
Elle exprime la foi dans une Eglise du dialogue, dans une Eglise pauvre,
l’amour pour le monde, "parce que nous croyons que les réalités du monde
qui sont en train de se lever sont déjà une parole de Dieu criante d’espérance". Elle proclame enfin, la volonté de s’engager: " la politique, le
social et la culture sont de la responsabilité des chrétiens, au même titre
que le culte et la prière". (apic/ecl/mp)