"L’Eglise en dialogue": 4’000 paroles pour l’An 2000"
Paris, 22novembre(APIC) Avez-vous des raisons d’espérer? En cette fin de
millénaire marquée par le chômage, la faim, la peur, le sida. En ce moment
de l’histoire de l’Eglise où elle semble s’éloigner de l’enseignement de
Vatican II. Lors des "Etats généraux de l’Espérance" qui se tiendront à StOuen, au nord de Paris, les 23 et 24 novembre, des hommes et des femmes apporteront leur réponse et leur témoignage de chrétiens. Ils diront à leur
manière ce que le théologien invité Paul Vadadier disait lors de la préparation: "Cette initiative a pour but de montrer que les chrétiens sont habités au coeur de l’espérance; une espérance qui porte sur leur propre
Eglise; une espérance qui porte sur la société présente et qui peut se manifester sous le dynanisme du témoignage évangélique".
Au printemps 1989 des chrétiens ont réagi à certaines prises de position
de Rome et de l’épiscopat français: nomination d’évêques contre les attentes de la population, contraception, protection contre le sida, entre autres réalités concrètes.
Un "Appel au dialogue" était alors lancé. Il recueillera 27’000 signatures. Il proclamait que "la Bonne Nouvelle n’est pas dans les raidissements
peureux. Elle est d’abord espérance, une marche à la suite de Jésus, une
force d’amour que nous recevons de Dieu, un chemin contre toutes les exclusions pour la paix et de la justice". Mais on ne pouvait pas en rester aux
doléances, car la nature de l’espérance chrétienne pousse à aller toujours
plus loin. En 1989-1990 une quinzaine de forums, rassemblant plusieurs milliers de chrétiens, ont eu lieu dans des départements pour préparer les
"Cahiers de l’Espérance".
Dernier maillon de la chaîne commencée au printemps 1989, les "Etats Généraux de l’Espérance" ont été convoqués pour "réunir sur un pied d’égalité
laïcs, femmes et évêques en vue d’aboutir à un discours collectif pour construire la France". Une stucture "tripartite" qui rapelle un événement de
l’histoire de France": les Etats Généraux de 1789. Ce fut la première fois
dans l’histoire que les représentants des troits états: noblesse, clergé et
"tiers état" (ceux qui n’étaient ni du premier ni du second) se réunissaient dans un grand élan pour construire la France. L’appel a été adressé aux
signataires de l’"Appel au dialogue", personnes et mouvements, aux lecteurs
de "La Vie", de "Témoignage Chrétien", de "L’Actualité Religieuse dans le
Monde" et de "Croyants en Liberté". 4000 personnes sont d’ores et déjà inscrites pour ce rassemblement. Ils répondent par là-même aux souhaits des
organisateurs qui voulaient donner "4000 paroles pour l’An 2’000".
Bâtir l’avenir
Les chrétiens doivent apporter leur pierre à la construction de l’avenir, en oeuvrant dans le présent. Du moins si l’on en croit les résultats
de l’enquête réalisée par "La Vie" en juillet 1991 sur le thème: "Comment
bâtir l’avenir? ou nos raisons d’espérer". Tel cet homme de 71 ans qui déclarait "refuser de s’enfermer dans dans la morbidité du dolorisme". Cependant tous, croyants et incroyants, s’accordent sur le fait qu’il y a urgence: il faut sauver la planète, transmettre aux générations à venir un monde
habitable et travailler à établir un système de relations qui soit vraiment
humain.
Labourer le quotidien
"Il faut labourer le quotidien pour y semer des graines d’espérance"
disait un autre lecteur de "La Vie". Au cours de ces deux jours, chacun sera invité à écouter. Ecouter cinq grands témoins: Vladimir Zielimsky pour
l’Europe de l’Est, Maria de Lourdes Pintasilgo pour l’Euope de l’Ouest,
Luiz Perez Aguirre pour l’Amérique latine, Agnès Avognon-Adjhao pour
l’Afrique et Elias Chacour pour le Proche-Orient. Ecouter, mais aussi participer activement à des assemblées autour des thèmes: construire la paix,
bâtir une économie solidaire, ouvrir les chemins d’une éthique, vivre la
modernité, expérimenter la démocratie dans l’Eglise.
En fin de session, dimanche après-midi, la "Charte des Etats Généraux
de l’Espérance" proclamera l’essentiel des paroles entendues. (apic/ecl/ba)