Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Une centaine de canonistes, juristes et magistrats débattent la question

    France: Etat contemporain et liberté religieuse (121189)

    Paris, 12novembre(APIC) Comment l’Eglise catholique perçoit-elle l’Etat

    contemporain depuis le Concile de Vatican II et la déclaration "Dignitatis

    humanae" sur la liberté religieuse? C’est la grande question étudiée pendant deux jours, les 9 et 10 novembre, par une centaine de canonistes, juristes, magistrats venus de France, d’Allemagne, de Belgique, d’Italie et

    d’Espagne, réunis à Paris pour un colloque intitulé: "Etat contemporain et

    liberté religieuse - quel interlocuteur pour l’Eglise catholique?" Ce colloque était organisé par l’Institut catholique de Paris et sa Faculté de

    droit canonique.

    Il ne s’agissait pas d’un colloque de circonstance, qu’aurait par exemple motivé l’affaire de la question du voile islamique en France. Les participants se sont livrés à une étude appronfondie des évolutions en cours

    en Allemagne, Espagne, France et Italie, mais en prenant du recul, de la

    hauteur par rapport aux situations concrètes.

    Des situations héritées du passé

    D’emblée, un premier constat s’est imposé: les Constitutions des quatre

    Etats portent encore les marques des itinéraires qui les ont conduit jusqu’à la situation actuelle, mais ces Etats sont neutres du point de vue religieux, tout en cherchant à entrer en contact et à négocier avec les grandes religions présentes à l’intérieur de leurs frontières.

    Ainsi, jusqu’en janvier 1976, l’Espagne franquiste était un Etat catholique de droit et de fait, et les non-catholiques n’avaient que le droit de

    penser, au privé. Quant à l’Italie, elle a connu, de 1929 à 1947, un régime

    où le catholicisme était religion d’Etat. Ce n’est, en réalité, qu’en 1984

    que furent renégociés les Accords de Latran, signés entre le Saint-Siège et

    le régime de Mussolini, qui élaboraient notamment une convention financière

    et un concordat entre le Vatican et l’Etat italien. L’Italie et l’Espagne

    n’ont pas renoncé aujourd’hui à la situation concordataire, mais elles ont

    su la faire évoluer vers le pluralisme religieux, bien que les concordats

    italiens et espagnols ne concernent que l’Eglise catholique.

    L’Allemagne de l’Ouest, pour sa part, est un Etat neutre, mais qui a su

    concilier neutralité et respect de l’opinion majoritaire. C’est ainsi

    qu’elle prend en compte l’attachement de la plupart des Allemands à la

    prière matinale dans les écoles publiques. Mais elle autorise aussi une

    dispense pour les élèves qui ne veulent pas y participer.

    En France, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, survenue en 1905, est

    l’aboutissement d’une longue querelle entre le catholicisme et la Révolution. Les conflits avaient pris une telle acuité que la séparation était

    devenue inéluctable. Mais depuis 1905, la situation a évolué. La séparation

    est devenue une laïcité de pluralisme, une recherche de respect mutuel des

    compétences tant religieuses que politiques. Les passions anticatholiques

    et antirépublicaines ont été dépassées et le régime civil des cultes est

    aujourd’hui vécu dans l’esprit d’une laïcité qui n’est pas indifférente aux

    valeurs, notamment religieuses, qui constituent le patrimoine original de

    la France.

    La présence de M. Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur du Gouvernement

    français, et à ce titre ministre des cultes, venu assister à la séance du

    jeudi matin, et celle, permanente, de représentants du cabinet du ministre

    et du Bureau central des cultes, était le signe d’un dialogue solidement

    rétabli, et témoignait que la séparation n’est pas l’indifférence.

    Conditions juridiques de la liberté

    Mais il est apparu qu’une meilleure connaissance entre les partenaires

    du dialogue était nécessaire, ainsi qu’un profond réalisme de part et d’autre. Le Concile de Vatican II a eu une grande influence en repensant les

    relations de l’Eglise catholique avec le monde et en préconisant la liberté

    religieuse dans le cadre plus général d’un débat avec tous les partenaires

    pour défendre les droits de l’homme. Il importe que l’Eglise catholique puisque c’est d’elle qu’il était ici question - ait une connaissance suffisante des rouages juridiques qui président à la liberté des cultes dans

    chacun des Etats. Il convient aussi, puisque cette liberté relève des

    droits de l’homme, de distinguer liberté religieuse (ou liberté d’opinion,

    individuelle), et liberté de religion (ou libre organisation des cultes,

    donc collective), et de les situer dans le cadre juridique des Etats.

    Le colloque a eu l’originalité de mettre en lumière qu’il ne suffit pas

    de parler et d’agir pour promouvoir la liberté religieuse: encore faut-il

    connaître et pratiquer les règles du jeu en vigueur dans une société pluraliste et laïque. On en arrive à prendre la mesure de ce qu’a de juridique

    la promotion de la liberté religieuse, chacun des partenaires ayant droit à

    des garanties de cette liberté, juridiquement aussi. Si la promotion des

    droits de l’homme touche à tous les domaines de l’existence, elle passe en

    particulier par un travail permanent d’amélioration des conditions juridiques facilitant et garantissant la liberté religieuse.

    Les actes de ce colloque seront publiés dans la revue d’éthique et de

    théologie morale "Le supplément" (Editions du Cerf), dans le numéro 175 de

    décembre 1990. (apic/mjh/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus