Paris, 7avril(APIC) Les religieuses catholiques françaises diminuent mais
elles sont encore au nombre de 70’000. Elles sont assistantes sociales, infirmières, cadres, femmes de ménage ou contemplatives. Elles n’hésitent pas
à se syndiquer (plus que la moyenne des Français), comme à se sentir heureuses dans la voie qu’elles ont choisie. Ces données et d’autres renseignements sont contenus dans l’enquête scientifique menée par le Centre
d’information des données socio-politiques de Grenoble, dont l’hebdomadaire
catholique "La Vie" publie les résultats dans ses numéros du 4 et du 11 avril.
Pourquoi ont-elles choisi d’être religieuses ? "Pour répondre à un appel", affirment-elles massivement. La deuxième raison exprimée: Parce
qu’elles veulent "suivre plus parfaitement le Christ". Mais suivre le
Christ ne signifie pas pour elles (62%) "renoncer à sa personnalité". Du
reste, si elles devaient choisir entre ce que leur dit leur conscience et
ce que pense l’Eglise, la majorité des religieuses (54%) choisiraient de
suivre leur conscience - sauf les plus âgées et les moniales pour qui le
voeu d’obéissance garde toute sa force.
La moyenne d’âge des religieuses françaises est la même que celle des
prêtres: 65 ans. La proportion des moins de 40 ans est plus élevée chez les
moniales (16%) que chez les religieuses apostoliques (1%). Comparé aux années 50, le recrutement actuel est faible, mais les jeunes semblent entrer
plus volontiers chez les Congrégations contemplatives. L’enquête fait apparaître que ces dernières recrutent surtout en milieu bourgeois urbain,
alors que les apostoliques viennent le plus souvent du monde rural et leur
mode de vie les conduit à s’identifier facilement au monde ouvrier.
Les religieuses apostoliques travaillent majoritairement comme enseignantes ou éducatrices (23%), infirmières et autres professions de santé
(16%) et comme employées (16% également). 7% sont permanentes d’Eglises ou
de leur Congrégation et 2% seulement sont ouvrières ou cadres. Leur taux de
syndicalisation (18%) est nettement supérieur à celui de l’ensemble des
Français (10%) et il semble aussi qu’elles s’intéressent plus que la moyenne des Français à la politique. Du reste 29% estiment que la foi a des implications politiques (contre 2% d’avis contraires) et la majorité affirme
que "la foi a des liens avec la politique, mais elle est d’autre nature".
Enfin l’enquête menée par le centre d’information des données socio-politiques de Grenoble affirme que si 16% des religieuses françaises se considèrent comme "traditionnelles" et 13,5% comme "très progressistes", la
plupart d’entre elles (56%) s’estiment "modérément progressistes". Mais
dans le clivage "gauche-droite", elles se répartissent surtout au centre:
42% votent "centre", 14% centre-gauche, 19% centre-droit, 3% gauche, 3%
droite, 0,1% "extrême-gauche"et 1% extrême-droite. (apic/mjh/ba)