Le quotidien rénové compte sur de nouveaux lecteurs
Paris, 2août(APIC) Avec une diffusion moyenne de 103’590 exemplaires quotidiens, le journal catholique français "La Croix-L’Evénement" a vu son déficit passer en un an de 6 à 10 millions de francs français (quelque 2,5
millions de francs suisses). La société éditrice, Bayard Presse, compte sur
la présentation renouvelée du journal depuis le printemps dernier pour
gagner de nouveaux lecteurs.
En 1989, "La Croix" avait réussi à éponger un déficit de 20%, le ramenant à 6’172’000 FF sur un budget global de 135.128.000 FF. Mais le déficit
s’est accru en 1990 de plus de 66% pour passer à 10’276’000 FF (environ 2,5
millions de francs suisses) sur un budget global de 140’733’000 FF (environ
35 millions de francs suisses).
80% des ressources du journal lui viennent des ventes. Or, l’augmentation du prix du journal, passé de 4,80 FF à 5 FF en janvier 1990, n’a pas
compensé la baisse moyenne de 2% des ventes au numéro au cours de cette année. En outre, la part déjà faible des rentrées publicitaires a baissé.
Le président du directoire de "La Croix", Bernard Porte, admet que son
journal n’est pas un cas isolé parmi les quotidiens occidentaux depuis la
guerre du Golfe. "Le contexte général est inquiétant pour la presse quotidienne nationale, a-t-il souligné le 1er août lors de la présentation des
comptes du journal. Le mouvement de récession publicitaire, en pagination
et en chiffre d’affaires, déjà perceptible en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne, a gagné la France. La perspective, puis le déclenchement de la
guerre du Golfe ont conduit les professionnels à adopter une attitude plus
prudente en matière de dépenses. Sensible dès la fin de l’année, ce mouvement s’est amplifié en 1991".
Pour donner un nouveau souffle au journal et accroître sa notoriété,
plusieurs mesures ont été adoptées depuis quelques années: actions d’animation, efforts rédactionnels allant des reportages aux numéros spéciaux,
initiatives de lecteurs, conférences et débats, informatisation du journal.
Depuis le 26 mars dernier, l’amélioration de la forme rédactionnelle et la
refonte du numéro de fin de semaine lui ont encore apporté un nouvel attrait.
Pour un journal dont la publicité ne couvre même pas 10% des charges,
"la venue de nouveaux lecteurs est un véritable défi", souligne Bernard
Porte, car "elle pourrait enfin nous aider à atteindre un équilibre financier". (apic/cip/sjb)