"la terre d’Auschwitz est teintée du sang de trois génocides"
"Les catholiques n’ont à demander à personne la permission pour y prier"
Paris, 7septembre(APIC) "Comment le pape qui, au cours de ses croisades à
travers le monde, parle des problèmes des pays qu’il traverse, parfois avec
courage, ne peut-il prendre position sur une affaire concernant son propre
pays?" Ces propos très durs ont été prononcés mardi 5 septembre sur les ondes de "France Inter" par l’écrivain américain Elie Wiesel, Prix Nobel de
la paix, qui a demandé au pape de sortir de son "attitude ambiguë" et de
prendre position sur l’affaire du carmel d’Auschwitz.
En France - où les communautés juives et catholiques se sentent très impliquées, étant donné la personnalité des négociateurs de Genève, la polémique va bon train. Et ce n’est pas le débat organisé sur "France Inter",
mercredi 6 septembre, et auquel ont participé des personnalités juives et
catholiques, qui a permis de sortir de l’impasse.
D’emblée, Mgr Witold Kiedrowski, prélat de la mission polonaise en France, prend le parti de l’archevêque de Varsovie, le cardinal Glemp, rappelant que la terre d’Auschwitz était teintée du sang de trois génocides: celui des polonais (qui avait commencé dès avant 1939); celui des juifs (à
partir de 1941) et celui des tziganes. Pour lui, Auschwitz est en Pologne,
terre chrétienne, et les catholiques n’ont à demander de permission à personne pour y prier. "Et si les juifs avaient construit une synagogue à
Auschwitz?" lance un auditeur...
"Que le pape sorte de son silence"
On évoque ensuite la situation nouvelle que connaît aujourd’hui la Pologne et une certaine "perte de pouvoir" du cardinal Glemp, au profit de
Solidarité: "Glemp veut retrouver son pouvoir idéologique que Solidarité
lui a volé", explique Jean-François Kahn, directeur de "L’Evénement du Jeudi". Mais la réalité est là: un accord a été signé par des personnalité
dont la représentativité n’avait, alors, pas été contestée. "Le pape avait
alors approuvé l’accord de Genève". Et si l’on conteste que des cardinaux
puissent avoir autorité sur des carmélites, qui dépendent uniquement de
leurs supérieurs généraux et du pape, "que le pape sorte de son silence!"
Une revendication partagée par Elie Wiesel qui, intervenant jeudi 7 septembre sur Antenne 2, souhaite une intervention romaine, "car seule la parole du pape peut trancher". Enfin ce constat, toujours à propos des accords, qui émane de l’archevêque de Paris, Mgr Lustiger: "Si on arrive pas
à un accord, c’est Hitler qui aura gagné". (apic/mjh/pr)