Paris, 21octobre(APIC/CIP) A la veille de la révolution de 1789, la France comptait dec centaines d’ordres religieux groupant environ 300.000
membres. Une enquête publiée l’an dernier chiffrait à 12.000 le nombre de
religieux en France, dont 2.000 à la retraite. Crise religieuse? Ce n’est
pas l’avis des supérieurs religieux français qui refusent de se laisser enfermer dans la "psychose de la pénurie".
Selon ces derniers, l’impact de la vie religieuse reste considérable en
France et ce qui se prépare est porteur d’espérance. Au cours de leur
récente assemblée, ils en ont débattu autour du thème "Ouvrir l’avenir.
Comment la vie religieuse est-elle créative aujourd’hui?". A cette occasion, les participants se sont vus rappeler par le Père Madelin "que la
crise de la vie religieuse peut constituer une chance pour l’avenir, en tirant de son trésor du neuf de l’ancien". Il explique en outre que le religieux doit faire communiquer des mondes qui s’"ignorent ou se tiennent à
distance ou se font peur réciproquement. Il doit se porter vers les plus
lointains, vers ceux qui sont le plus éloignés de la réconciliation possible".
Sans doute le rapport récemment publié par le Père Cabra a-t-il aussi
constitué une source de discussion pour les supérieurs religieux français,
dans lequel l’auteur prévoit une modification sensible de la géographie religieuse dans les vingt années à venir. Et s’il n’exclut pas une réduction
sensible des effectifs (jusqu’à 50%), le Père Cabra n’en perçoit pas moins
"des signes d’espérance qui conduisent à regarder l’avenir avec confiance".
De son côté, le cardinal Jean-Jerôme Hamer, préfet de la Congrégation
pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique,
rappelle à ce sujet que la pénurie actuelle en Europe n’est pas pour les
instituts le critère déterminant pour décider de leur avenir qui "seront
demain ce que nous les ferons aujourd’hui". Il souligne en outre que "la
dimension apostolique et missionnaire d’une communauté de religieux voués à
l’apostolat est inséparable de sa dimension communautaire". A propos du
contexte actuel, le cardinal indique qu’"à une période d’inévitable flottement et d’indécision doit succéder une étape de précision et d’affirmation
du projet de vie dans l’institut". (apic/cip/pr)