France: Congrès national des vocations (131191)
Lourdes, 13novembre(APIC) Le Congrès national des vocations qui s’est tenu à Lourdes du 9 au 11 novembre, sur le thème "Baptisés, serviteurs de
l’appel" a réuni 1200 participants, laïcs engagés dans la Pastorale des vocations, théologiens et évêques venus des neuf régions apostoliques de
France. L’idée dominante de ces trois jours a été celle du rôle des laïcs
dans l’Eglise. "Il faut restituer la pastorale au peuple chrétien, ainsi
que le soucis et le soin des vocations", a déclaré Mgr Michel Coloni, évêque de Dijon et accompagnateur sortant du Service national des vocations
(SNV). Le Congrès est le deuxième du nom, le premier, "Prêtres diocésains,
qui appelera?", avait eu lieu à Lourdes en 1987.
Deux déléguées du Service des vocations de Suisse romande étaient présentes, soeur Marie-Béatrice Fleischel, Coordinatrice du Centre de vocation
de Suisse romande et Marie Dufour, Responsable de l’équipe cantonale des
vocations de Genève.
Une Eglise à construire ensemble
"Ensemble, nous sommes l’Eglise de Dieu; ensemble, nous sommes l’Eglise
en communion avec l’Eglise de Rome; ensemble, nous sommes l’Eglise pour le
monde", a lancé le Père Claude Digonnet, directeur du SNV, dans son discours d’ouverture. Par ce terme "ensemble", le Père Digonnet s’adressait
aux 766 laïcs, 138 religieuses, 75 religieux, 200 prêtres ainsi qu’aux évêques présents: Mgr Jean Sahuquet (Tarbes et Lourdes), Mgr Gaston Poulain
(Périgueux), Président de la Commission épiscopale des clergés et des séminaires, Mgr Jean-Charles Thomas (Versailles) et Mgr Coloni (Dijon).
Un Congrès découpé en plusieurs temps entre les interventions de laïcs,
de théologiens et d’évêques, des forums et la liturgie. Les forums ont eu
pour objet de partager les différentes expériences; des thèmes comme celui
de la crise des années 68 et les remous qu’elle a provoqués dans les rangs
de l’Eglise y ont été abordés. Les messes et les veillées de prière ont été
animées par le Mouvement eucharistique des jeunes.
Une enquête sur la vocation des laïcs
Les résultats de l’enquête réalisée avant le Congrès ont été commentés
par Mme de Prémont. Deux questions avaient alors été posées: "Comment avezvous été conduits à travailler pour le service des Vocations?" et "En tant
que laïc, comment voyez-vous la vocation ’spécifique’"? (vocation particulière de chacun au sein de l’Eglise et du monde).
La théologienne laïque a fait état de trois faits: la vocation du laïc
est une chose nouvelle, elle est révélatrice d’une ecclésiologie redécouverte de l’Eglise comme communauté de croyants co-responsables et elle renvoie ainsi au coeur même du mystère de l’Eglise. Les motivations de l’engagement des laïcs viennent du désir d’aider les jeunes, de servir l’Eglise
et d’une prise de conscience de sa propre vocation de baptisé. Leur participation apporte à l’Eglise une sensibilité aux besoins du monde et une ouverture plus grande aux mentalités et aux langages de ce temps.
Le thème de la vocation "spécifique" a été traité par Mgr Thomas: "Les
vocations spécifiques sont données pour développer la vocation commune".
Ainsi que l’ont souligné plusieurs participants, il s’agit de trouver "sa"
vocation, et il faut se garder de comparer les vocations. Mgr Thomas a expliqué que trouver sa vocation c’est répondre aux questions: "Pour quoi
suis-je fait?", "Quel est l’état de vie dans lequel je serai le mieux adapté à la tâche d’évangélisation?". Mariage, vie religieuse ou sacerdotale, à
chacun de répondre, poursuit l’évêque de Versailles.
Soyez des restaurateurs de liberté
"Il faut aider les jeunes à poser leur vie en terme de vocation et non
en terme de programme", a relevé Mgr Thomas. Dans ce monde, poursuit-il,
"soyez des restaurateurs de liberté". Pour cela, "il faut privilégier la
pastorale des personnes". Ce soucis des personnes, Mgr Thomas l’a aussi par
rapport à ses prêtres. Il appelle les laïcs à "respecter les rythmes humains de leurs pasteurs; plus vous serez humains pour vos prêtres, plus ils
seront spirituels avec vous".
Un Congrès à l’image de l’Eglise où chacun a pu apporter sa pierre dans
un temps d’échange et de reconnaissance mutuelle. "Nous avons du blé à moudre pour deux ans", a conclu le Père Digonnet. Deux ans d’ici le prochain
Congrès national. Mais il y aura avant, en mai 1992, la Journée mondiale
des vocations, dont le thème a été emprunté au Prophète Isaïe: "Voici, je
fais de toi la lumière des nations". (apic/ecl/ap)