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    Non à la peine de mort, non à la violence et à l’exclusion

    France: Conférence du Conseil des Eglises chrétiennes (271191)

    Paris, 27novembre(APIC) Le Conseil des Eglises chrétiennes de France,

    composé des Eglises catholique, protestante et orthodoxe, dit non à la

    peine de mort et non au transfert d’armes. A l’issue d’une réunion de travail de deux jours, les représentants des trois Eglises, Mgr Jean Vilnet,

    évêque de Lille, le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération

    protestante, Mgr Jérémie, évêque orthodoxe de France, et Michel Evdokinov,

    théologien orthodoxe, ont donné lecture de 4 communiqués dans lesquels ils

    font clairement entendre leur voix sur ces deux points. Ils ont en outre

    appelé les chrétiens à une journée d’intercession pour les peuples de la

    Yougoslavie et à prier pour les malades du sida.

    La peine de mort a été abolie en France le 18 février 1986, date à laquelle le parlement a ratifié la Convention européenne des droits de l’homme qui abolissait la peine de mort en Europe dès le 1er mars 1985. Le débat

    sur la peine capitale a été ravivé dernièrement par plusieurs crimes horribles récemment perpétrés. Pourtant, a relevé le pasteur Stewart, "ce communiqué est le fruit d’une réflexion qui nous occupe depuis deux ans".

    Le Conseil a dit non au rétablissement de la peine de mort, parce que

    "la souffrance ne peut ni réparer ni compenser une autre souffrance et que

    la mort d’un assassin ne console pas de la mort d’un être cher". En tant

    que chrétiens, déclarent les représentants des Eglises, "nous croyons que

    la personne criminelle dépasse toujours l’acte criminel, en même temps que

    nous ne pouvons désespérer d’un être humain au point de le supprimer purement et simplement".

    Le document rappelle d’autre part que "Jésus Christ ayant pris sur lui

    la violence des hommes, au point d’en être victime pour la désarmer, tout

    disciple du Christ est appelé à devenir artisan de paix". Concernant

    "l’exemplarité" du châtiment, le Conseil relève que "la peur n’est pas le

    meilleur rempart contre le crime". Reste la question de la peine. Une peine

    qui devrait viser non l’élimination de l’individu, mais sa réinsertion dans

    le corps social.

    Vendre des armes n’est pas une fatalité

    Le Conseil s’est également penché sur un autre sujet qui touche la mort:

    le transfert des armes. "Transfert" est plus large que "commerce", fait-on

    remarquer au sein du Conseil, car il inclut les ventes, mais aussi "les

    dons", l’assistance militaire et les transferts de technologie. Reconnaissant que le "dossier des ventes d’armes françaises est complexe", le Conseil adresse un appel aux Eglises, aux pouvoirs publics, aux militaires et

    à tous ceux qui sont liés à la fabrication des armes, mais aussi à chaque

    citoyen.

    Appel aux Eglises, pour "qu’elles alertent le pays sur le commerce des

    armes, cette plaie collective de notre organisation internationale"; aux

    pouvoirs publics, "au nom de la sécurité: la guerre du Golfe a rappelé que

    des armes françaises pouvaient être retournées contre des soldats français

    et alliés". Au nom de l’éthique: "Il faut que la situation des droits de

    l’homme soit prise en compte dans les décisions d’exportation d’armes".

    S’adressant à chaque citoyen, le Conseil a émis le souhait que "là où elle

    se trouve, avec les responsabilités qui sont les siennes, chaque personne

    oeuvre pour une paix véritable".

    Journées de prière pour la Yougoslavie et pour les malades du sida

    Suite au récent voyage en Yougoslavie des cinq représentants des grandes

    religions en France et alors que la guerre continue dans ce pays, le Conseil s’est adressé aux chrétiens de toutes les confessions pour les inviter, le dimanche 15 décembre, à une prière d’intercession dans leurs communautés ou au cours d’un rassemblement oecuménique. "Dans la communion

    fraternelle avec les Serbes et les Croates, nous voulons, sans prendre parti pour l’un ou pour l’autre camp, intercéder aurpès du Seigneur pour faire

    régner la paix dans tous les esprits".

    Une autre invitation à la prière a été lancée aux chrétiens afin qu’ils

    portent dans leur prière, le 1er décembre, déclaré par l’OMS "Journée mondiale du sida", "ceux qui sont frappés par ce mal, ainsi que tous ceux qui

    luttent à leurs côtés". Prière, mais aussi "appel à veiller que ne se développent pas les réactions de peur et d’exclusion" dont sont victimes certaines personnes malades du sida.

    Après avoir évoqué la récente rencontre du Conseil des Eglises chrétiennes tenue à Compostelle, le Conseil s’est exprimé en conclusion à propos

    des 50 propositions de Front National sur l’immigration, en rappelant le

    devoir de vigilance des chrétiens devant une situation de "glissement vers

    la xénophobie". (apic/ecl/pr)

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