Orlans, 15novembre(APIC) Plus de 600 personnes ont participé les 12 et 13
novembre à Orléans à un colloque organisé à l’occasion du 10e anniversaire
de la mort de Mgr Guy Riobé. Après les déclarations publiques de Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux, qui visaient à relancer le débat sur le
célibat des prêtres, le sujet figurait en filigrane parmi les participants,
prêtres et laïcs, venus de toute la France, mais aussi de Suisse, d’Allemagne et d’Italie notamment.
Dix ans après la mort de celui qui était considéré de son temps l’enfant
terrible de l’épiscopat, Mgr Gaillot prolongeait ainsi à 16 ans de distance
l’appel que Mgr Riobé avait alors fait sur la question des ministères. Et
si durant son intervention consacrée à ce dernier il ne fit aucune allusion
directe à ses déclarations, celles-ci n’en pesèrent pas moins lourdement
sur l’assemblée. Mgr Gaillot fit en revanche allusions à trois de ses
démarches qui le rapprochent beaucoup de Mgr Riobé: sa présence au procès
d’un objecteur, en avril 1983; son intervention en Afrique du Sud pour
réclamer la libération d’un coopérant de son diocèse; enfin, sa prise de
position dans l’affaire du bateau des Palestiniens. "Je ne peux pas supporter qu’un homme soit humilié, et a fortiori un peuple", déclare-il.
Evêque et prophète
Disciple spirituel de Charles de Foucauld, Mgr Riogé fut évêque d’Orléans de 1963 à 1978. Bien que d’origine et de formation traditionnelles, il
s’engagea dans divers combats. A l’instar de Mgr Gaillot, il assista à un
procès pour y apporter son soutien à des objecteurs de conscience, il s’intéressa également aux problèmes de défense non-vioplente, condamna le commerce des armes, etc, sans parler de son intervention sur les problèmes
posés par les ministères lors de l’assemblée de l’épiscopat français à
Lourdes en 1972, et sa fameuse lettre ouverte publiée dans le "Le Monde" du
16 février 1977, sous le titre "L’Eglise est invitée au courage".
"Si je prends la parole, expliquait dans cet appel Mgr Riobé, c’est que
je suis persuadé qu’il y a actuellement dans l’Eglise de France, chez beaucoup de personnes et de communautés que je connais et estime, une réelle
souffrance. Une souffrance souterraine, à peine visible parfois, mais grave, qui touche l’essentiel: l’espérance".
Ses prises de positions valurent à Mgr Riobé de nombreuses sympathies,
mais aussi de solides inimitiés. Dix ans après sa disparition - il est mort
seul sur une plage méditeranéenne en juillet 1978 dans des circonstances
toujours pas élucidées aujourd’hui -, les unes et les autres restent vives.
Que plus de 600 personnes se soient réunies pendant 2 jours autour de sa
mémoire montre pourtant à quel point il a porté, souvent douloureusement,
des questions cruciales pour le monde et l’Eglise d’aujourd’hui.
(apic/cip/pr)