"Religion: oppression ou libéralisation pour les femmes?"
Paris, 13mars(APIC) A l’invitation du groupe oecuménique féminin "Orsay",
une centaine de femmes se sont réunies les 8, 9 et 10 mars à la Clarté-Dieu
à Orsay. Pour son huitième colloque, le groupe avait choisi un thème qui
peut sembler dépassé: "Religion: oppression ou libération pour les femmes?"
Mais l’approche qui en a été faite, la présence de femmes musulmanes et
juives dans l’assemblée comme parmi les intervenantes, la moyenne d’âge des
participantes, nettement en dessous de ce qu’elle est habituellement dans
ce genre de rencontre, enlevaient tout aspect "ringard" aux débats et redonnaient une actualité nouvelle à la question.
Lors de la table ronde qui a lancé les débats, les intervenantes ont
montré que pour chacune des trois religions du Livre, libération rime avec
aliénation. Il y a, en effet, une ambiguïté fondamentale à la base de chacune des religions concernées : comment concilier l’idée d’une libération
fondamentale avec des normes qui sont, quant à elles, totalement androcentriques et par là même totalement aliénantes ?
La théologie au féminin
Depuis quelques années, le féminisme semble s’être introduit dans le domaine de la théologie. Une représentante italienne a en effet évoqué la réhabilitation, par le courant féministe le plus récent, de la dimension relationnelle de l’être humain, avec l’apparition d’une théologie dite de
l’Eros. Une étudiante en théologie musulmane, Bahia Ait-Kadour (Tunisie), a
donné une réponse affirmative à la question: "les textes fondateurs de
l’islam peuvent-ils être interprétés par les femmes?". Marie-Jo Glardon,
s’exprimant en tant que pasteur de l’Eglise réformée de Suisse, a fait un
exposé remarqué sur la question: "La foi chrétienne, une religion libératrice ou oppressive pour les femmes ?". Le point de vue juif a été donné
par Pauline Bebe, la première - et jusqu’ici la seule - femme rabbin de
France et d’Europe. Pauline Bebe appartient au courant du judaïsme libéral.
Non reconnu par le Consistoire juif de France, il n’en compte pas moins une
cinquantaine de synagogues en France. Au terme de son exposé qui fut un des
temps forts de la rencontre, le dialogue s’établissait entre elle et la
femme musulmane.
L’éthique au féminin
Les participantes ont enfin abordé la question de l’éthique. Une jeune
théologienne allemande, Ina Praetorius, a ouvert le débat avec la question:
"Existe-t-il une éthique au féminin ? Sinon, faut-il en promouvoir une ?"
Au cours d’une ultime table ronde, les représentantes des trois religions
se sont exprimées sur les questions suivantes: "Où sont les femmes dans le
domaine de l’éthique ? dans sa transmisssion ? dans son élaboration ? Quel
est le cheminement commun possible ?".
Le Groupe d’Orsay réunit une centaine de femmes chrétiennes, en majorité
protestantes, qui lisent la bible ensemble et y trouvent une parole spécifiquement adressée aux femmes (théologie féministe). (apic/cip/ecl)