La démocratie dans l’Eglise en question
Paris, 22janvier(APIC) "Face aux événements qui bouleversent l’Europe de
l’Est, on peut se demander si le mode de fonctionnement de nos Eglises est
le plus conforme à l’Evangile!" C’est par ces mots qu’Alice Gombault, professeur de théologie et présidente de l’Association "Femmes et Hommes dans
l’Eglise", a ouvert le colloque qui, à l’initiative de "Droits et Libertés
dans les Eglises", s’est tenu à Paris les 20 et 21 janvier sur le thème
"La démocratie dans l’Eglise: quelle légitimité? Quelles formes?"
L’organisation même du colloque faisait une large place à la démocratie:
nombreux carrefours permettant aux participants un partage d’expériences et
une expression commune; intervention de militants et de témoins... Encore
faut-il souligner que les organisateurs n’avaient pas voulu limiter la participation au seul "hexagone": des messages avaient été adressés aux participants par des associations amies des Etats-Unis, de RFA... Des personnes
étaient venues de Belgique, des Pays-Bas, d’Italie... dont certaines ont,
en assemblée générale, témoigné de ce qui se passe dans leur pays...
Des pratiques à instituer
L’intervention de Christian Ducoq, professeur de théologie à l’Institut
catholique de Lyon a été particulièrement remarquée. Il n’existe pas, a-til déclaré, d’opposition théologique de principe entre démocratie et Eglise. Mais peu à peu a prévalu, avec l’image du corps mystique du Christ, une
structure hiérarchique liée à la dualité tête-corps, la tête étant supérieure et dirigeant le corps. Pourtant, le Concile Vatican II, en développant la notion de "Peuple de Dieu", a voulu montrer que, par le baptême, le
sacerdoce commun était une réalité. Mais dans le même temps, le Concile n’a
pas assez réfléchi aux conséquences pratiques de cette communauté de sacerdoce, alors que l’Eglise avait une structure hiérarchique. Il y a donc, a
conclu Christian Ducoq, des pratiques à instituer, permettant de faire avancer la démocratie dans l’Eglise.
Ce fut aussi l’avis de l’assistance qui, soulignant ce que les synodes
diocésains, les Conseils pastoraux, les communautés religieuses, les communautés de base... avaient de "démocratique", a insisté sur la nécessité
d’échanger informations et expériences, d’en faire ensemble le bilan...
afin, peu à peu, de donner corps à ce qui, aujourd’hui, n’est le plus souvent qu’une idée. (apic/mjh/pr)