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    Les Eglises luthériennes et réformées entament une réflexion

    France: Bénédiction de couples homosexuels

    Paris, 13 juin 2002 (APIC) Les Eglises luthériennes et réformées françaises ont décidé de mener une réflexion commune sur la possibilité de bénédiction pour les couples homosexuels et sur l’accès au ministère de pasteurs de personnes revendiquant ouvertement leur homosexualité. Qualifiées de "délicates", ces deux questions ne devraient pas donner lieu à des décisions avant 2005.

    "Ces questions sont apparues en même temps dans nos Eglises. En débattre ensemble nous permet de prendre la distance nécessaire", explique Denis Heller, président de la Commission des ministères (CDM) de l’Eglise réformée de France (ERF), instance qui se prononce sur les candidatures au pastorat. Par ailleurs, les Eglises luthériennes et réformées ont une reconnaissance mutuelle des ministères qui leur permet d’échanger leurs pasteurs.

    "L’homosexualité est un sujet passionnel et délicat", ajoute encore Denis Heller. Les luthériens et les réformés français ont donc décidé d’avancer prudemment et de prendre le temps de la réflexion programmée jusqu’à 2005. "Les Eglises ont un peu peur de leur base", explique, de son coté, un très bon connaisseur des milieux protestants français.

    A l’automne prochain, un dossier comprenant rapports et réflexions sera transmis aux paroisses, invitées à débattre de ces questions. En 2003, le Conseil permanent luthéro-réformé (CPLR) examinera les réactions. Puis la discussion aura lieu, en 2004 et 2005, aux niveaux régional et national, afin de permettre aux Eglises d’arrêter leurs décisions.

    Plusieurs facteurs ont conduit les principales dénominations protestantes en France à ouvrir le dossier de l’homosexualité. Depuis l’adoption en novembre 1989 du Pacs (Pacte civil de solidarité), la loi ouvre la possibilité d’une reconnaissance juridique pour les couples homosexuels. Conséquence de cette nouvelle "visibilité" sociale, les paroisses protestantes enregistrent aujourd’hui des demandes de bénédictions de couples homosexuels, "pacsés" ou non. Actuellement, les pasteurs proposent un accueil, voire une cérémonie privée.

    Position nuancée

    Au cours des vifs débats qui ont eu lieu en France avant l’instauration du Pacs, les Eglises luthériennes et réformées avaient adopté une position plutôt nuancée. Elles reconnaissaient la nécessité d’une non-discrimination en terme de droits pour les couples homosexuels par exemple pour les baux de location, la fiscalité ou la transmission de patrimoine et le besoin de reconnaissance sociale mais sans soutenir le projet de loi qui présentait, selon elles, des insuffisances.

    Toutefois, elles avaient clairement affirmé que le Pacs ne devait pas conduire à l’autorisation d’adopter des enfants pour les couples homosexuels.

    De leur coté, les évêques catholiques ont clairement fait part de leur opposition au projet de Pacs, qualifié de "loi inutile et dangereuse". (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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