France: aucune position officielle (071288)
Paris, 7décembre(APIC/CIP) "Seule l’assemblée plénière de l’épiscopat,
dans les limites de sa compétence, est habilitée à engager l’ensemble des
évêques de France et aucune position officielle n’a été adoptée à propos de
la campagne contre le sida", a déclaré à l’hebdomadaire "La Vie" Mgr Jean
Cuminal, évêque de Saint-Flour et nouveau président de la Commission épiscopale de la famille.
Alors que beaucoup assimilent les prises de position de tel ou tel
évêque à la "position officielle" de l’Eglise, Mgr Cuminal tient à mettre
les choses au clair. Dans ce contexte, il rappele que, "en tous domaines,
chaque évêque est libre d’adopter dans son diocèse et pour son diocèse les
positions pastorales qu’il croit devoir prendre, en conformité avec l’Evangile et l’enseignement de l’Eglise".
Et c’est en s’exprimant à titre personnel que Mgr Cuminal ajoute: "C’est
le devoir et donc le droit de tout gouvernement de lutter contre les fléaux
sociaux et d’en assurer la prévention. En tout cas, le but légitimement
poursuivi ne peut justifier l’adoption de moyens contraires à la dignité et
aux droits imprescriptibles de la personne humaine". En outre, dit l’évêque
de Saint-Flour, "à une époque de développement des mass media, les autorités publiques se doivent d’être attentives non seulement au bien de quelques-uns, mais à la répercussion de toute décision sur l’ensemble du corps
social. En d’autres termes, les pouvoirs publics sont responsables de
l’éducation collective d’un peuple comme de la prévention des fléaux sociaux".
Lettre ouverte au cardinal Decourtray
Dans le même numéro de "La Vie", le professeur Marc Gentelini, l’un des
spécialistes français du sida, juge l’Eglise "bien frileuse" à propos du
sida et de l’emploi des préservatifs. Il estime que l’Eglise a "un dicours
qui va parfois à l’encontre de l’objectif visé". Dans une lettre ouverte
adressée au cardinal Decourtray publiée par l’hebdomadaire, le professeur
Gentelini admet avec le président de la Conférence épiscopale française
que "la jeunesse a besoin d’autre chose: amour, tendresse, don de soi,
fidélité", mais il se demande parfois "si les autorités épiscopales sont
suffisamment averties".
Après avoir rappelé que le ministre de la Santé a déclaré qu’"il n’y a
que la fidélité ou le préservatif", le professeur ajoute: "Que le cardinal
choisisse la promotion de la fidélité et le ministre celle du préservatif,
c’est dans l’ordre des choses; les deux ont probablement raison. Mais nous
n’avons pas le droit de laisser courir dans l’immédiat un risque aux jeunes". (apic/cip/pr)