A quelques semaines des élections, l’épiscopat met en garde
Paris, 26 février(APIC) Comment l’Eglise catholique en France se situe-telle par rapport aux thèses de l’extrême-droite française du Front National, le parti de Jean-Marie Le Pen? A quelques semaines des élections
régionales en France, le groupe inter-commission "racisme" de l’épiscopat
français, dans un document qu’il vient de publier, propose quelques éléments de réflexion à l’intention des chrétiens. Il souligne notamment que
l’avenir de la France "ne paraît plus assuré", et craint que "les vieux démons du nationalisme ne sortent de leur sommeil".
Le groupe de travail inter-commission "racisme" est composé de représentants de sept commissions ou comités de l’épiscopat français.
Selon le document, "l’avenir de la France ne paraît plus assuré". Certains craignent que son unité ne se défasse. "Ses valeurs traditionnelles
semblent menacées". En période de chômage et de récession économique, poursuit la commission, c’en est assez pour que les vieux démons du nationalisme sortent de leur sommeil. Attention, cependant, à ne pas confondre
"l’amour de la patrie" avec la "dangereuse idéologie du nationalisme". Si
le premier est un sentiment naturel tout à fait reconnu par le christianisme, la seconde peut conduire à l’exclusion de "ceux que la communauté juge
inassimilables".
De là à présenter "rejet, expulsion et haine comme des conclusions logiques et légitimes de l’attachement à la patrie, du respect de l’identité
nationale et du droit à la différence", il y a un pas que les chrétiens ne
peuvent franchir. Par respect pour la tradition d’accueil de la France, et
surtout parce que ce faisant, on sacrifierait sur l’autel de la "nation
idole" le droit des individus.
A bien y regarder, relève la Commission, la France ne reçoit pas le plus
gros des demandeurs d’asile: 50’000 contre 250’000 en Allemagne. Il faut
veiller à ce que les "personnes soient repectées et le droit observé". Les
dernières dispositions adoptées par les deux Chambres en janvier dernier
concernant "les zones de travail soustraites au droit commun" semblent contraires aux principes de l’état de droit.
Il faudrait accepter de regarder en face les vrais problèmes, soulignet-on: la cohabitation certes, mais aussi les problèmes de sous-développement en France et dans le tiers monde. Car là se trouve une des racines réelles du problème. Pour la commission, le dialogue inter-religieux peut
contribuer à "faire reculer les intégrismes, par la connaissance, l’acceptation de l’autre et la tolérance".
Alors, conclut le groupe inter-commissions, construire l’avenir de la
France et de l’Europe avec les immigrés, c’est possible? Oui, répond-il, en
précisant: "Des chrétiens s’y emploient. Ils répondent ainsi à l’appel de
l’Evangile qui nous fait un devoir d’aimer notre prochain, en particulier
lorsqu’il prend la figure de l’étranger et du pauvre". (apic/ecl/pr)