"Témoins de l’espérance dans un monde en désordre"
Paris, 16 mars(APIC) 450 délégués de l’Action des chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) des 30 régions de France se sont retrouvés à Marly-le-Roi, en banlieue parisienne, les 14 et 15 mars pour leur assemblée
annuelle. Les rapports d’activités ont alterné avec la réflexion théologique et l’étude des stratégies pour l’avenir. Les délégués ont pu constater
que l’ACAT France fait preuve d’une belle vitalité.
Le bilan des activités de l’ACAT France est encourageant. En 1991, 35
nouveaux groupes, dont 9 de jeunes, se sont formés et on a compté 1334 nouvelles adhésions. Deux nouveaux départements ont été mis en place, le premier pour les actions internationales et un second qui regroupe les commissions "animation" et "formation" et le "groupe de travail des jeunes".
L’organisation d’un département "communication" est en outre en préparation.
ACAT France, a fait en 1991, 455 interventions en faveur de 1388
individus et de 92 groupes de personnes. L’organisation a eu la
satisfaction d’enregistrer la libération de 181 individus et d’un groupe.
Le défi de l’espérance
André Jacques, actuel président de l’ACAT, a souligné dans son discours
combien l’espérance est un défi qui s’enracine dans l’Evangile: "A l’ACAT,
nous avons la conviction que le respect de l’homme, l’amour du prochain, le
refus de tout ce qui défigure la créature de Dieu, sont au coeur de l’Evangile et que nous avons à les vivre." Pour cela, il faut "approfondir, se
fortifier et grandir", a-t-il expliqué.
"Le désordre international engendre entre autres la torture, les traitements inhumains, les disparitions, les exécutions. Ce n’est que la pointe
de l’iceberg, du mal qui affecte la société toute entière: la violence,
celle qui est dans les moeurs et les esprit."
"Se fortifier", pour le président de l’ACAT, s’est d’abord retourner à
la source de l’Evangile. C’est vivre toute trace d’amour comme un signe
d’espérance. C’est, sur le terrain, assumer des actions, accepter de
prendre des risques.
"Grandir" est nécessaire, précise encore André Jacques, parce que nos
responsabilités s’accroissent. "Mais le problème est peut-être moins celui
du nombre que celui de la capacité d’action et de la richesse de conviction
que nous avons à offrir".
En France, même si nous vivons dans une situation plutôt privilégiée,
poursuit le président, "la vigilance reste notre devoir numéro un, nous ne
sommes pas à l’abri de pratiques déhumanisantes. Le racisme et la
xénophobie préparent le terrain sur lequel les pogroms, la peine de mort et
la torture pourraient ressurgir tout à coup et plus vite qu’on ne le
pense".
Les jeunes s’engagent
La prévention commence avec l’éducation des jeunes. L’ACAT-jeunes compte
quelque 1’500 adhérents entre 18 et 30 ans et un grand nombre de sympathisants. L’année dernière, une centaine de ces jeunes ont vécu un camp autour
du thème "Exil et droit d’asile". Cette année, ils se retouveront dans les
Pyrénées pour réfléchir sur "le 5e centenaire de la découverte de l’Amérique". Autre exemple d’engagement des jeunes: le groupe de Marseille qui
produit des émissions sur la radio locale chrétienne.
Pour l’année à venir, plusieurs initiatives ont été envisagées: demander
au pape de se prononcer fermement pour l’abolition de la peine de mort,
étudier et diffuser le document du Conseil des Eglises chrétiennes paru en
1991 sur ce sujet. Autre sujet de réflexion également adopté, suite aux
événements d’Algérie: la libération de prisonniers politiques engagés dans
des partis ou des groupements dont l’action va à l’encontre des Droits de
l’homme.
Dimanche matin, une célébration oecuménique de la parole de Dieu a réuni
tout les participants. C’est l’évêque du lieu, Mgr Jean-Charles Thomas, qui
a prononcé l’homélie. (apic/ecl/mp)