France: acte barbare de profanation au cimetière de Carpentras (110590)
Paris, 11mai(APIC) "En profanant des morts, on a voulu faire pire que tuer quelqu’un!" s’est écrié le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de
Paris, en commentant à Paris l’acte barbare commis par des inconnus au cimetière juif de Carpentras, dans le Vaucluse, où 34 tombes ont été odieusement profanées.
Ce crime frappe l’une des plus anciennes communautés juives de France:
c’est en effet au 13e siècle que s’est constituée cette communauté dont la
synagogue est, avec celle de Prague (Tchécoslovaquie) la plus ancienne
d’Europe. La réprobation des autorités civiles et religieuses est unanime.
Le cardinal Lustiger, qui est lui-même d’origine juive, a dénoncé "un
acte qui représente la haine à l’état pur". C’est une folie, a-t-il déclaré: "Il se peut que ce soit un signe de pathologie morale profonde. Il faut
revenir aux racines de notre civilisation et au respect des hommes les uns
pour les autres!" Et Mgr Lustiger de conclure: "Je demande aux communautés
contemplatives de faire une journée de jeûne et de pénitence".
La classe politique a également aussitôt réagi. M. Pierre Joxe, ministre
de l’Intérieur et des Cultes, s’est rendu sur les lieux et n’a pas hésité à
parler de "crime contre l’humanité". M. François Mitterrand, président de
la République, est allé rendre visite le soir même au grand rabbin de France, Joseph Sitruc, "comme on le fait quand il y a un deuil dans une famille", et a appelé les Français à se ressaisir. Seule note discordante: JeanMarie le Pen, le leader de l’extrême-droite, dont le discours raciste et
antisémite prend une ampleur dangereuse, et qui voit dans cet acte "une
provocation". Des propos qui scandalisent notamment l’écrivain juif Elie
Wiesel, Prix Nobel de littérature, qui se trouvait à Cannes pour le début
du Festival de cinéma, et s’est excusé de ne pouvoir participer au repas
d’ouverture.
Le grand rabbin Josph Sitruc, faisant sans nul doute allusion aux discours provocateurs de le Pen, a appelé "tous les hommes, quelle que soit
leur responsabilité, à mettre un frein définitif à l’aggression verbale",
et à invité tout le pays à se recueillir. (apic/mjh/pr)