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    France: accord "historique" pour l’enseignement catholique (150692)

    Fin d’un vieux conflit entre l’Etat français et l’enseignement privé

    Paris, 15juin(APIC) Un accord important a été signé samedi entre les responsables de l’Enseignement catholique et le gouvernement français. Il met

    fin à un long contentieux sur le financement des établissements privés.

    C’est aussi le terme de "la guerre scolaire" qui a longtemps divisé la

    classe politique française entre les partisans du respect strict de la laïcité de L’Etat et ceux qui, au nom de la liberté de l’enseignement, luttaient pour que des subsides de l’Etat soient versés aux écoles confessionnelles.

    Le gouvernement du président François Mitterand, en 1984, à la suite des

    grandes manifestations organisées par l’Enseignement catholique, avait déjà

    été dans le sens de l’apaisement, en renonçant à un projet de loi qui menaçait la paix scolaire. Jack Lang, l’actuel ministre socialiste de l’Education nationale, a déclaré, après la signature de l’accord: "Nous avons souhaité que d’inutiles querelles puissent s’apaiser, au bénéfice des enfants,

    des lycéens, des collégiens".

    De son côté, le Père Max Cloupet, secrétaire général de l’Enseignement

    catholique, l’autre signataire, a estimé que "cet accord est important sur

    plusieurs points, mais tout particulièrement parce qu’il manifeste une reconnaissance par l’Etat - d’ailleurs dans le cadre de la loi - de l’enseignement privé qui contribue aussi au service public d’éducation".

    Deux millions d’élèves concernés

    Cet accord concerne directement deux millions d’élèves de l’enseignement

    catholique (soit 15% de l’effectif total du primaire et du secondaire); il

    est l’aboutissement de deux mois de négociations.

    Il porte principalement sur "le forfait d’externat", c’est à dire la

    participation de l’Etat aux dépenses de fonctionnement des établissements

    privés. Sur la période 1982-1989, l’enseignement catholique réclamait environ quatre milliards de FF d’impayés à l’Etat. Les deux parties se sont mises d’accord pour fixer cette somme à 1,8 milliard (un chiffre déjà fixé à

    la fin 1991 par l’ancien ministre de l’Education nationale, Lionel Jospin,

    prédecesseur de Jack Lang): l’Etat s’engage à la payer sur six ans, l’enseignement catholique s’engage à retirer les recours qu’il avait intentés.

    Cinq autre points de l’accord portent sur les enseignants et notamment

    sur une requête souvent formulée par les responsables de l’enseignement

    catholique. Désormais le recrutement et la formation des maîtres du privé

    se feront à parité avec ceux des maîtres du public. L’Etat paiera pour la

    formation de ces enseignants. Par contre, les écoles privées s’engageront à

    les embaucher.

    La question des documentalistes, des directeurs et la retraite des enseignants des écoles privées fait l’objet de trois autres points de l’accord. Dans ce domaine aussi, l’Etat fait un effort supplémentaire pour leur

    reconnaissance.

    Un accord "historique"

    Vendredi soir le comité national de l’Enseignement catholique avait donné son feu vert à l’accord, signé officiellement samedi. Le ministère de

    l’Education nationale publiait alors un communiqué saluant le "caractère

    historique de cet accord" qui marque "la victoire de la modération et du

    bon sens".

    Réactions syndicales

    Les deux principaux syndicats de l’enseignement privé, la FEP-CFDT et le

    SNEC-CFTC ont accueilli favorablement la signature de l’accord. Par contre,

    les premières réactions des syndicats de l’enseignement public sont nettement moins favorables. Elles laissent même percer une certaine déception.

    Ainsi la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), proche de la

    gauche) a dénoncé les "renoncements" du Gouvernement qui "cède tout à

    l’enseignement privé". Dans un communiqué publié à l’occasion de cet accord, la FCPE fait une constatation quelque peu amère: "Les moyens refusés

    pour une véritable rénovation du service public d’éducation sont trouvés

    lorsqu’il s’agit de répondre aux exigences de la hiérarchie catholique".

    (apic/lb/ba)

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