France: 31 missionnaires se préparent à partir pour l’Afrique (300493)
Chartres, 30avril(APIC) Trente et un missionnaires - 3 prêtres diocésains
et 28 religieuses - ont participé à la session de formation destinée aux
missionnaires qui s’apprêtent à partir pour la première fois en Afrique.
Organisée du 20 au 29 avril à Chartres par la Commission épiscopale des
missions à l’extérieur (CEME) sous le thème "Au service de la croissance
des peuples et de l’Eglise", cette session a permis à Mgr Guy Deroubaix,
évêque de Saint-Denis, chargé au sein de la CEME des relations avec les
Eglises d’Afrique et du suivi des prêtres "Fidei donum" sur ce continent,
de confirmer l’envoi de ces 31 volontaires au service de l’Eglise universelle au cours d’un temps de célébration et de partage.
A travers la diversité géographique des participants - 3 continents et 9
nationalités - et celle des langues - anglais, portugais, espagnol,
français -, ce sont les Eglises d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe qui
se sont mises ensemble pour se préparer à vivre la mission. Le Père Olivier
Gaignet, secrétaire de la CEME, a rappelé que l’Eglise avait élargi la
notion de mission: "Il n’y a qu’une seule mission: permettre aux hommes de
tourner leur regard vers le Christ". De même pour les acteurs de la
mission: "Ce n’est plus l’affaire des seuls instituts missionnaires.
Aujourd’hui, tout baptisé a le devoir d’annoncer l’Evangile".
Le nouveau visage de la mission
La mission, même si elle est unique, se vit de façon différente selon
les continents, voire les pays. Depuis le début de leur engagement dans
l’Eglise, tous les participants ont le sentiment d’avoir vécu la mission.
Que ce soit dans une petite école rurale, dans un hôpital belge, dans une
maison pour personnes âgées en Espagne... Et pourtant, au moment de s’embarquer pour le Zaïre, le Congo, la République Centrafricaine ou le Burkina
Faso, ils ont senti le besoin d’une formation spécifique.
Face aux défis actuels de la mission, l’injustice, la violence, la maladie, la famine, l’oubli des peuples du Sud..., la session a permis aux participants de vérifier leurs motivations, d’avoir un aperçu de la réalité
qu’ils vont rencontrer, de prendre conscience du "nouveau visage de la mission". Le Père Michel Dagras, théologien, les a aidés à réfléchir aux trois
réalités de la mission: l’émetteur - le messager qui porte la Bonne Nouvelle -; le message - l’Evangile, qui doit être audible -; le récepteur - il
doit être en état de liberté profonde par rapport aux deux premiers. Une
religieuse ivoirienne a présenté l’histoire, la culture et les perspectives
d’avenir de l’Afrique, tandis qu’un prêtre guinéen les a introduits aux
réalités ecclésiales. Autres nouveautés constatées: ce sont les Africains
qui ont présenté leur continent.
Un mouvement à deux sens
"La mission, ce ne sont pas de super-chrétiens qui vont porter la Bonne
Nouvelle à des Eglises inférieures. Aujourd’hui, toutes les Eglises sont
appelées à échanger leurs énergies", a souligné le Père Gaignet. Opinion
largement partagée par les participants: "Dans le temps, la mission était à
sens unique. Le nouveau visage de la mission, c’est le partenariat"; "On va
pour apporter, mais aussi pour recevoir de leur culture, de leur manière de
vivre, sans imposer les nôtres"; "On (mes supérieures) m’a bien recommandé
de ne pas être celle qui sait tout, qui a des projets, mais bien celle qui
aide à poser les questions et qui reçoit beaucoup". Tout cela passe par
l’apprentissage de la langue, l’écoute, l’accueil, le respect des valeurs
humaines. "Après, on pourra parler de Jésus-Christ".
Participer au développement du pays
Que ce soit à travers les foyers pour les lycéens qui "apprennent leurs
leçons sous les belvédères, faute de structures d’accueil", l’alphabétisation des femmes, l’accueil des jeunes qui ont une vocation religieuse, un
des rôles des missionnaires est de participer au développement social, médical et culturel des pays. De faire prendre conscience aux gens de ce
qu’ils portent en eux de richesses et les aider à grandir, afin que vienne
"le jour où ils n’auront plus besoin de nous, où ils pourront prendre leur
autonomie". Et ce jour, a conclu Philippe Coibyon, prêtre du diocèse de Namur, en Belgique, qui se prépare à rejoindre les Pygmées en République Centrafricaine, "sera un jour de joie". (apic/ecl/pr)