France: 25 Kurdes ont trouvé asile dans une église (020891)
Bourges, 2août(APIC) 25 Kurdes de nationalité turque ont entamé le 1er
août leur troisième semaine de grève de la faim dans une église du centreville de Bourges, à 220 kilomètres au sud de Paris. "Tant qu’une solution
honorable ne sera pas trouvée, je continuerai à exercer symboliquement le
droit d’asile dans les églises de mon diocèse", a déclaré mercredi l’archevêque de Bourges, Mgr Pierre Plateau, au quotidien catholique français "La
Croix".
Dans une interview publiée mercredi par le quotidien, Mgr Plateau précise qu’en accueillant ces 25 Kurdes il entend attirer l’attention des gouvernants sur la situation dramatique de plusieurs personnes qui demandent
l’asile politique à la France. "C’est une injustice de les traiter comme
des immigrés clandestins, souligne-t-il. On sait pertinemment qu’en les
renvoyant dans leur pays, on les conduit tout droit à la mort ou à la prison".
Bien qu’un des 25 grévistes fasse l’objet d’un arrêté d’expulsion, les
autorités ont renoncé jusqu’ici à envoyer la police dans l’église. L’archevêque y voit une preuve qu’elles ont entendu l’appel qui leur a été adressé. "Il ne s’agit pas pour moi d’entraver la justice, précise Mgr Plateau.
Mais de demander haut et fort, avec d’autres évêques confrontés à la même
situation, que les dossiers de chaque demandeur soient examinés sérieusement. La France doit s’assurer - et autrement que par un simple coup de fil
à l’ambassade - qu’en renvoyant ces gens, elle ne les met pas en danger. Et
cet examen ne peut se faire à la sauvette".
L’archevêque de Bourges souscrit pour sa part à la proposition de l’abbé
Pierre d’allonger à trois mois le délai de mise en demeure, afin de laisser
à des immigrés ou des demandeurs d’asile un temps supplémentaire pour régulariser leur situation de séjour. Mais, insiste Mgr Plateau, il y a urgence: deux des grévistes ont été admis à l’hôpital et un troisième a déjà
tenté de se suicider. (apic/cip/sjb)