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    Le massacre des innocents © Cathédrale St-Nicolas de Fribourg | © Maurice Page

    Focolari: un rapport  dénonce l’inertie des dirigeants

    Le rapport indépendant commandé en 2020 par les Focolari pour faire la lumière sur les agressions sexuelles commises par un de ses membres pendant trente ans dévoile de graves négligences de la part des responsables successifs.

    Les résultats de l’enquête commandée par la direction du mouvement des Focolari n’ont guère surpris, rapporte le quotidien La Croix. En octobre 2020, les responsables français démissionnaient à la suite des révélations d’abus sexuels commis au sein du mouvement par l’un des membres les plus charismatiques. Une trentaine d’enfants et d’adolescents auraient été victimes d’agressions sexuelles de la part de Jean-Michel M., une figure éminente des Focolari sur une période de trente ans.

    Le rapport de GCPS Consulting rendu public le 30 mars 2022 est implacable. Sur une centaine de pages, il décrit l’emprise que l’abuseur a pu exercer sur les enfants et adolescents, mais aussi sur les responsables du mouvement. Quand ceux-ci finissent par apprendre les faits, ils n’ont clairement pas pris les mesures qui s’imposaient.

    Signaux d’alerte

    Les enquêteurs ont reçu des témoignages directs de 26 victimes ainsi que des informations mentionnant au moins 11 autres victimes. Les agissements de Jean-Michel M. auraient dû provoquer une réaction des responsables L’enquête montre que la direction nationale n’a pas su gérer la situation d’abus sexuels souvent liés aussi à des abus spirituels et financiers souligne le rapport. Les signaux d’alerte n’avaient pourtant pas manqué.

    Une première affaire pour laquelle la justice avait été saisie en 1994 n’avait pas abouti en raison de la prescription. Mais elle aurait dû inciter à renforcer la vigilance autour de la personne très charismatique. L’enquête «constate des défaillances systémiques dans le traitement de l’affaire JMM et établit qu’une chaîne de responsables pendant de nombreuses années, tant en France qu’à Rome, n’a pas agi sur la situation de JMM d’une manière qui aurait permis de protéger les victimes et de prévenir d’autres incidents d’abus ou de tentatives d’abus ».

    Excuses et réparations

    Invitée à formuler des recommandations, la commission d’experts a demandé que le mouvement des Focolari présente « des excuses publiques authentiques, profondes et inconditionnelles à ses victimes, reconnaissant que le mouvement n’a pas réussi à les protéger ». Il est ensuite conseillé de s’en remettre à un organisme indépendant pour mettre en œuvre un « système de réparation et de compensation ».

    Pour garantir cette indépendance, le mouvement a d’ores et déjà décidé de confier cette mission à la Commission reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par la Conférence des religieuses et religieux de France (Corref) auprès de laquelle les personnes victimes vont pouvoir se manifester.

    “Il n’y a pas de mots adéquats pour exprimer le choc et la douleur que je ressens face au mal qui a été infligé à des enfants et à des adolescents par JMM”, a réagi la Présidente internationale du mouvement des Focolari, Margaret Karram. (cath.ch/cx/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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