Fin du voyage du pape au Mozambique (190988)
Maputo, 19 septembre (APIC/CIP) Jean Paul II a rencontrée des prêtres, des
religieux et religieuses, ainsi que des séminaristes et laïcs engagés, dimanche 18 septembre en fin d’après-midi, dans l’église St.- Antoine des
franciscains à Maputo. Dans son discours, il a évoqué les difficultés
qu’ils doivent affronter : leur petit nombre, les dangers de la guerre,
l’incertitude de la situation, l’insuffisance des ressources. Le pape leur
a demandé d’être "des hérauts de la conversion" au sens large, à savoir de
susciter "un changement des mentalités en fonction de valeurs supérieures
telles que le bien commun et le plein développement de tout l’homme et de
tous les hommes."
Jean Paul II les a aussi invités à être des "artisans de la ré- conciliation, en cherchant à extirper du coeur des hommes la rancune et la haine... on arrivera ainsi, a-t-il dit, à la réalisation de la promesse du
psaume : ’la bonté et la fidélité se rencontre, la justice et la paix
s’embrassent".
Le pape a tenu à rendre hommage aux prêtres. C’est grâce à leur dévouement, a-t-il dit, que "l’Eglise du Mozambique, en dépit des tribulations,
est en train de croître en nombre et en qualité". Il a souhaité pour eux
des renforts, déplorant que les "adversités historiques connues soient la
cause d’une grave pénurie de travailleurs apostoliques et que les ordinations se soient fait rares ces derniers temps". (Il n’y a au Mozambique que
22 prêtres diocésains auxquels s’ajoutent 249 prêtres religieux, les séminaristes étant au nombre de 45, les religieux non prêtres 70 et les religieuses 514.)
S’adressant aux religieuses, Jean Paul II a relevé des signes d’espérance, "le moment réconfortant de l’éclosion de vocations féminines et de nouveaux instituts dans les diocèses". En concluant, Jean Paul II a indiqué
que "le moment historique que la nation est en train de vivre requiert de
tous, sans exception, des sacrifices, des renoncements. beaucoup de dévouement et d’amour". Il s’est réjoui de constater que beaucoup de prêtres, de
religieux, de religieuses et de laïcs, dans leur volonté d’être proches du
peuple, partagent ses souffrances, ses difficultés, son instabilite et son
isolement. Disant y percevoir "une odeur d’holocauste volontaire", il a
souhaité que ce sacrifice soit un gage de paix et de prosperité pour tout
le peuple du Mozambique.
Aux évêques: quelques défis
Dans la soirée, Jean Paul II a enfin rencontré les dix évêques du Mozambique (dont un émérite). Il leur a assigné une double res- ponsabilité, à
l’égard de l’Eglise, d’une part, mais aussi à l’égard de la société et des
institutions humaines, d’autre part. Le pape a ensuite exhorté les évêques
à affronter différents défis, comme l’isolement des communautés chrétiennes, qui vivent dans des conditions précaires d’assistance en raison du
renvoi de nombreux missionnaires; la situation des réfugiés (y compris de
l’intérieur); la promotion des vocations sacerdotales, "la première de vos
priorités pastorales". Il a fait état aussi de "signes encourageants de la
vitalité de l’Eglise".
Le discours du pape a été dominé par un appel pressant a construire la
paix dans le pays. Soulignant qu’"on ne comprend l’intensité de la
souffrance que lorsqu’on est en contact avec la réalite humaine", il a demandé que cessent "les actions destructrices" et que l’on tente de préserver" ce qui reste, comme base pour soigner les plaies ouvertes et sauver
tant de frères d’une mort prématurée et de l’injustice". Il a répété que
"les armes ne conduisent pas a une paix authentique, humaine et durable",
que "la guerre engendre la guerre", que "la paix née de la guerre des armes
sera toujours une paix artificielle, illusoire et précai- re".
Jean Paul II a aussi lancé un appel à l’adresse de la communauté internationale, réclamant une vraie solidarité avec le Mozambique, une société
"aux limites de la survie", ou l’on meurt de la violence et de la faim, une
nation "qui a besoin de l’assistance d’autres peuples et de la communauté
internationale". Le pape a souligné l’urgence de cette solidarité "qui vise
à une réconciliation rapide et complète et à des secours immédiats pour
sauver d’innombrables vies humaines". (apic/jt/be)