Fin de la visite du pape en Afrique
la coopération et la solidarité internationales
N’Djamena, 1erfévrier(APIC/CIP) C’est par un nouveau plaidoyé pour la coopération et la solidarité internationales que le pape Jean Paul II a mis
jeudi un terme à l’ultime journée de son périple africain, le 6ème effectué
sur ce continent. "Les grandes transformations en cours en Europe de l’Est
ne doivent pas détourner l’attention du Sud et du continent africain en
particulier": Jean Paul II l’a redit avec force devant le corps diplomatique, qu’il a rencontré au siège du CEFOD (Centre de formation pour le développement) à N’Djamena.
Dans un discours consacré au thème de la paix, Jean Paul II a exprimé sa
satisfaction devant "la consolidation de la paix" au Tchad. Il a déploré
par contre, en citant l’Ethiopie et le Soudan, que subsistent "des sources
de souffrance qui paraissent n’avoir pas de fin" pour des "peuples en butte
à la discrimination raciale que des rivalités ethniques endémiques conduisent parfois à des affrontements violents".
En observant que "bien souvent, l’origine des conflits n’apparaît pas
clairement", le pape a souhaité "que les responsables locaux, ainsi que
tous ceux qui exercent une influence dans les rapports entre les nations
aient le courage de la lucidité (...), que l’on sache comprendre ce que les
minorités veulent défendre au prix de leur vie: leurs traditions, leur culture, leurs convictions, leur dignité, face à des pouvoirs qui les tolèrent
mal.
Pour une solidarité sans frontières
Jean Paul II a ensuite évoqué "les séquelles tragiques de la guerre",
qui "ne peuvent laisser l’humanité indifférente". A propos des réfugiés et
de l’émigration, il a relevé que c’est là un problème qu’il faut aborder
"avec le respect dû à tant de personnes rendues vulnérables par leur déracinement". Le pape a en outre "insisté sur les conséquences humaines des
accords économiques, sur la nécessité de la concertation, sur le respect
des responsabilités exercées par les dirigeants et les travailleurs des zones moins favorisées, ainsi que sur l’attention qu’il convient de porter
aux valeurs traditionnelles".
S’adressant à l’ensemble du continent noir, le pape a mis l’accent sur
"le grand bénéfice que les nations africaines peuvent retirer d’une collaboration plus intense entre elles, du Sud avec le Sud".
Au moment de conclure, Jean Paul II a redit que "la solidarité entre les
peuples n’a pas de frontières" et que le premier objectif à poursuivre est
"le respect des droits et de la dignité de tout homme". Le pape a terminé
en formulant le voeu "que l’action des dirigeants et la collaboration internationale aident les Africains à recevoir le meilleur de ce qui peut
être apporté, sans que jamais personne ne soit méprisé, corrompu ou blessé
au fond de son être".
Auparavant, le pape avait entamé cette ultime journée en célébrant une
messe dans le stade de la Concorde de la capitale, et placé la famille et
le mariage au centre du thème de son homélie. Devant les fidèles réunis, le
pape a déclaré qu’"au Tchad les traditions familiales ont été rompues par
les changements d’habitations et de manières de vivre", en ajoutant que "de
nouvelles tentations apparaissent et que la stabilité du couple et de la
famille est ébranlée. Le pape a invité les gens à ne pas renoncer à la
grandeur et à la beauté du mariage, et à avoir assez d’amour pour se réconcilier lorsqu’une crise menace l’union". Jean Paul II a en outre plaidé
pour une paternité et une maternité responsables en les exhortant à honorer
"la vocation de la femme à être mère, qui est inscrite au fond de son
être". (apic/jt/pr)