Fin de la 10e Assemblée de la Conférences des Eglises européennes (110992)
Prague, 11septembre(APIC) Les 270 délégués, représentant les 117 Eglises
membres de la Conférence des Eglises européennes (KEK), ont pris connaissance jeudi, dernier jour de la rencontre, du message final concernant
l’Europe. "Nous devons continuer à oeuvrer pour que l’Europe, premier continent touché par l’Evangile, soit une bénédiction et non une malédiction
pour le reste du monde".
D’entrée, Jean Fischer, secrétaire général de la KEK, avait donné le
ton. "Après un moment d’euphorie consécutif à la chute des régimes communistes, le Vieux continent vit aujourd’hui une période de crainte et d’incertitude marquée par deux mouvements antagonistes: intégration économique et
politique à l’Ouest, désintégration économique et conflits nationalistes à
l’Est".
Un nouveau type d’ennemi
L’analyse de Jean Fischer n’est guère optimiste. "Pendant la période de
la guerre froide, d’un côté comme de l’autre, on avait bien défini et circonscrit l’ennemi. L’image de l’ennemi se reporte à présent ailleurs. Les
fanatismes, les intégrismes, les racismes de tout genre, désignent de nouveaux groupes et types de ’nouvel ennemi’, responsables de tous les maux
qu’il faut chasser ou mettre hors d’état de nuire. L’ennemi n’est plus derrière un mur, il est au sein de chacune de nos sociétés: d’où les ghettos,
les exclusions, les mesures de protection discriminatoires et la montée des
nationalismes chauvins et outranciers qui visent à regrouper les communautés homogènes, ethniques, religieuses, culturelles sur un territoire bien
défini, protecteur et bien protégé. La guerre qui sévit en ex-Yougoslavie
en est un exemple extrême."
Dans tous ces conflits, ainsi que le souligne la Déclaration publique
adoptée en fin d’assemblée, "le nationalisme est souvent marqué par la tradition religieuse dominante d’un peuple. Pour cette raison, nous ressentons, en notre qualité d’Eglises, une responsabilité particulière à cet
égard. Certes, nous nous réjouissons qu’une Eglise puisse être assez profondément enracinée dans la vie d’un peuple pour participer au façonnement
de son identité, mais nous ne pourrons jamais accepter qu’un nationalisme à
base religieuse s’exprime dans la domination ou la violence à l’égard d’autres groupes ethniques. Nous n’accepterons pas non plus qu’un gouvernement
se serve d’une Eglise ou d’une religion à des fins nationalistes. Les frontières d’un Etat ne doivent pas nécessairement contenir qu’un seul groupe
ethnique."
"Un hiver oecuménique" ?
Dans son rapport Jean Fischer a fait aussi état de sa crainte que s’installe "un hiver oecuménique" et un réarmement confessionnel. Les délégations de plusieurs Eglises orthodoxes l’ont souligné à leur manière en
s’élevant "avec véhémence contre les tentatives de ’prosélytisme’ de certaines Eglises occidentales, catholiques ou fondamentalistes protestantes".
Ce qui fait dire encore au secrétaire général: "Cette polémique entre
Eglises chrétiennes fait apparaître une différence fondamentale entre
elles, différence longtemps escamotée parce qu’il fallait se serrer les
coudes face aux régimes totalitaires. On n’a pas la même ecclésiologie ni
la même vision sur la place et de la mission de l’Eglise dans la société".
(apic/com/ba)