Fin de l’URSS : Mgr Kondrusiewicz confiant dans l’avenir (271291)
estime l’administrateur apostolique de Moscou
Rome, 27décembre(APIC) Avec la fin de l’Union soviétique, de grandes possibilités s’ouvrent pour l’Eglise, estime Mgr Tadeusz Kondrusiewicz , administrateur apostolique de Moscou. Dans une interview accordée vendredi au
quotidien catholique italien "Avvenire", Mgr Kondrusiewicz commente les
événements qui ont marqué la fin de l’URSS en ces termes: "Je suis heureux
de ce qui s’est passé, mais j’ai beaucoup d’appréhension pour ce qui peut
arriver dans l’avenir".
L’évêque nommé par le pape comme administrateur apostolique de Moscou,
puisqu’il n’y a pas de véritable diocèse catholique dans l’ancienne
capitale soviétique, a observé chez les Moscovites une double réaction : de
l’espoir, mais aussi de l’expectative. "Si nous regardons autour de nous,
nous voyons beaucoup de pauvreté matérielle. Les magasins sont vides, les
gens font la file pour trouver du pain".
Mgr Kondrusiewicz entend cependant rassurer l’Occident, manifestement
préoccupé par l’évolution de la situation : "N’ayez pas peur, dit-il, le
peuple va faire tout son possible pour que les choses aillent mieux et que
la paix se renforce. Nous ne savons pas ce qui peut se passer demain. Nous
savons seulement ce que dit notre espoir : demain, la vie sera meilleure".
Le jour de Noël, l’administrateur apostolique de Moscou, qui a été nommé à
ce poste le 13 avril dernier par le pape, a présidé l’eucharistie en
l’église de Saint-Louis-des-Français, à Moscou. Fait significatif : assistaient à la liturgie non seulement le nonce apostolique à Moscou, Mgr Francesco Colasuonno, mais également une délégation du patriarcat de l’Eglise
orthodoxe russe.
La veille de Noël, Mgr Kondrusiewicz a eu un long entretien avec le patriarche Alexis II de Moscou, et le 7 janvier des représentants de l’Eglise
catholique assisteront à la Sainte Liturgie de Noël que présidera le patriarche orthodoxe russe. Ces contacts entre les deux Eglises revêtent une
importance particulière dans la situation oecuménique actuelle plutôt tendue. Les nouvelles négociations institutionnelles entraînées par l’effondrement du communisme ont mis à rude épreuve les habitudes contractées par
l’Eglise orthodoxe dans le passé et ont aussi révélé la pauvreté de ses
moyens, notamment en matière de formation.
De leur côté, les orthodoxes ont assimilé la recrudescence des activités
catholiques au prosélytisme des sectes et ont vu dans la nomination d’un
administrateur apostolique à Moscou, non pas la réticence du Vatican à créer un diocèse ordinaire, mais la volonté d’instaurer une hiérarchie parallèle à celle de l’Eglise orthodoxe. C’est pourquoi les responsables orthodoxes russes n’ont envoyé aucun "délégué fraternel" au Synode spécial sur
l’Europe. Le jour de Noël, Radio Vatican a transmis, juste après le message
de Noël du pape Jean Paul II, le message du patriarche oecuménique de
Constantinople Batholomé Ier. (apic/jt/be)