Festival International du film documentaire (231088)
Nyon, 23octobre(APIC/Jacques Michel) A l’issue du Festival International
du film documentaire, qui s’est déroulé à Nyon du 15 au 22 octobre, le jury
oecuménique a décerné à l’unamité son prix au film américain "Voices of Sarafina" de Nigel Noble, ainsi que deux mentions. L’une va au film tchèque
"Les images du Vieux Monde" (Obrazy stareho Sveta) de Dusan Hanak, l’autre
à celui du canadien Peter Raymont, "The world is watching".
De Locarno à Nyon, en passant par Cannes et Montréal, un jury
oecuménique accorde des prix à des réalisateurs qui, "faisant preuve d’un
réel talent artistique, parviennent le mieux à exprimer un comportement ou
un témoignage humains qui soient conformes à l’Evangile, ou qui parviennent
à sensibiliser le spectateur à des valeurs spirituelles, humaines ou
sociales".
Plusieurs films de la "fournée" 88 à Nyon correspondaient à ces
critères. Nombre d’entre eux évoquaient par ailleurs, plus ou moins
directement, des préoccupations d’ordre spirituel, signes d’une présence de
plus en plus explicite du religieux dans les soucis quotidiens des hommes.
Cette tendance se manifeste aux quatre coins du globe : à preuve, par
exemple, le documentaire russe "Chram" (La maison de Dieu), qui fait le
bilan de la présence de l’Eglise orthodoxe d’URSS à l’heure des festivités
marquant le deuxième millénaire de son existence.
Omer, petit afghan amputé d’une jambe, prie pour que cesse la guerre
(L’histoire d’Omer Khan). Au Liban, dans l’horreur du camp retranché de
Chatila, au Brésil, parmi les paysans sans terres attendant la réforme
agraire (Que la terre soit à Rose) ou en Mongolie, auprès d’un agriculteur
impuissant face à la progression du désert (Les caprices du ciel : le
désert) et en tant d’autres endroits du monde, des êtres humains remettent
leur sort entre les mains de Dieu ou du ciel. Ce que fait aussi à sa manière Ann Lovett, jeune Irlandaise de quinze ans qui accouche et meurt avec
son enfant au pied d’une statue de la Vierge sans avoir pu se confier à qui
que ce soit et sans que personne n’aît eu connaissance de son drame.
Quant au trois films récompensé par le jury oecuménique, "Voices of Sarafina" juxtapose des scènes d’un spectacle théatral relatant les événements de Soweto en 1976 en Afrique du Sud et les témoignages boulversants
des jeunes acteurs sud-africains de la troupe. "Les images du Vieux Monde"
décrit avec beaucoup d’amour et de poésie les itinéraires de plusieurs personnes s’approchant de la fin de leur vie dans les campagnes de Tchécoslovaquie. Ce film, censuré jusqu’à ce jour par les autorités cinématographiques tchèques, a été tourné en 1972. "The world is watching" démontre, à
partir d’un événement précis de l’actualité nicaraguayenne, le pouvoir
réducteur et manipulateur des médias. (apic/jm/bd)