Cannes, 20mai(APIC/Yvan Stern) Le Festival de Cannes avait fait un
triomphe, ces dernières années, à des films parlant de la foi, de religion,
comme la Palme d’or, il y a un an, pour "Sous le Soleil de Satan" de Maurice Pialat, d’après Georges Bernanos, plus anciennement, "Mission" qui venait des Etats-Unis et parlait de l’évangélisation de l’Amérique latine, et
"Thérèse" d’Alain Cavalier que la TV romande diffusera le lundi 23 mai, le
jour ou se termine le Festival. Cette année, les films d’inspiration
chrétienne sont plus rares et ne sont guère convaincants. Par exemple "Le
Navigator" qui vient de la Nouvelle-Zélande.
Sous-titré "Une Odyssée médiévale", ce "Navigator" est une grosse production venant d’un pays qui assure année après année bon nombre de films
de qualité. Rien à dire, question images et acteurs, de cette odyssée qui
commence qu Moyen-Age, en l’an 1348, dans un petit village qui craint la
peste et décide d’organiser un pèlerinage. C’est surtout le scénario qui
pèche par incohérence, les pèlerins vont en effet passer par le centre de
la Terre et débarquer, en 1988, en plein Auckland. Malgré un certain décalage, très mal exploité par le réalisateur, les Croisés vont poursuivre
leur mission, crucifix en tête. La peste s’est transformée en sida. L’allusion et le remède proposé (le sacrifice du petit garçon héros du film) nous
plonge dans un obscurantisme de mauvais aloi.
Goutam Ghose, cinéaste bengali dont on connaît déjà en Suisse "Dahkal",
a présenté un "Voyage dans l’au-delà". Un film dont l’histoire se situe au
siècle dernier, mais la coutume décrite se pratique encore qui veut que
l’épouse d’un mari décédé et s’il est d’une haute caste soit brûlée vive
sur le même bûcher, afin de vivre en couple dans l’au-delà. Ghose raconte
simplement les derniers jours d’un vieillard agonisant et de sa belle et
jeune épouse, au bord du Gange, là ou ils seront brûlés. Scènes dramatiques
et fascinantes de cette femme et de cet homme tremblant devant la mort tout
en vouant un respect absolu à ces croyances qui leur assurent le paradis.
Venant d’un cinéaste qui se dit marxiste, une illustration étonnante d’un
phénomène religieux source de nombreuses questions.
Mais la grande vague du film religieux n’est pas terminée. Après
"Bernadette" déjà distribué en France, on annonce une autre super-production, "Charles de Foucauld" qui sera proposé dès 1989 en deux versions, un
long métrage en cinémascope et une série TV de quatre heures. Le réalisateur Claude Pinoteau qui présente l’histoire de l’ermite de Tamanrasset
comme la rébellion d’un jeune et charmant officier de la Belle Epoque qui
devint un modèle de courage, de foi et de tolérance. Mais c’est pour le
Festival de l’an prochain. (apic/ys/bd)