Cannes, 20mai(APIC/Yvan Stern) Dans moins de trois jours, le 41ème
Festival de Cannes sera terminé. Le père François Chaigne préside le jury
oecuménique. Délégué général de Chrétiens médias France et responsable à ce
titre de l’Office du cinéma, il connaît bien , comme Niçois, le Festival de
Cannes.
Son impression générale : "Cette année, les films importants arrivent
tous en même temps, à la fin. Je retiens surtout "A world apart", sur
l’apartheid, "Drowning by numbers", de Peter Greenaway, à cause de son humour, même s’il est assez nihiliste, "Pelle de conquérant", du Danemark,
"Le roi des enfants", de Chen Kaige, un regard sur la révolution culturelle
en Chine et la vie dans une province reculée de ce pays, "Tu ne tueras
point", de la Pologne, un film assez dur, ou encore "Chocolat" de Claire
Denis, un film grand public sur les relations noirs-blancs en Afrique, il y
a quelques années". Cette année, pour l’instant, on a pu voir beaucoup de
films intéressants, importants, mais qui restent insatisfaisants sur un
point ou sur un autre.
YS. Y a-t-il des thèmes communs qui se dégagent de la sélection officielle?
FC. Beaucoup de réalisateurs proposent une vision du monde ou de la
réalité à travers les yeux d’enfants. Dans plusieurs films, le personnage
principal est un gosse. D’ou une certaine innocence ou naïveté, ou encore
pureté. Mais ça permet d’aborder les grands problèmes du monde de manière
plus intimiste, moins militante. Les questions que posent les films sont
plus importantes que les réponses. Les spectateurs sont invités à prendre
position, à aller plus loin dans la réflexion, librement.
Le film sur l’Afrique du Sud l’illustre bien. Il dénonce l’apartheid à
partir de l’histoire authentique d’une militante blanche de l’ANC (Congrès
National Africain), mais sans pathos. "Pelle" met en scène des réfugiés
suédois au Danemark, au siècle dernier. Le problème des réfugiés est
d’actualité.
Une autre constante, c’est la volonté marquée par plusieurs réalisateurs
de lire la réalité d’aujourd’hui à travers le passé. Des exemples ? Le
"Navigator", l’un des films les plus religieux de ce festival, ou "Pascalis
island".
Il y a aussi - et c’est un gage de sincérité - un bon nombre de films
autobiographiques ("Chocolat", "A world apart") ou qui sont le moyen, pour
le réalisateur, de se pencher sur son passé, de rechercher ses racines.
YS. Comment est perçu un jury mandaté par des organisations chrétiennes ?
FC. La plupart des membres du jury (journalistes, distributeurs de films
ou, pour Filippe Sawadogo, du Burkina Faso, directeur d’un festival) il y a
de nombreux contacts liés à leur travail. Le stand installé au marché du
film facilite ces contacts. Le président du festival, M. Viot, a invité le
jury à une petite réception et nous a rappelé l’estime dans laquelle il
tient le travail des organisations chrétiennes. (apic/ys/ym)