Le Prix du Jury oecuménique à Denys Arcand pour "Jésus de Montréal"
Cannes, 23mai(APIC/Yvan Stern) Le jury oecuménique du 42e Festival international du Film de Cannes vient de décerner son Prix au film "Jésus de
Montréal" du réalisateur canadien Denys Arcand. L’auteur du "Déclin de
l’Empire américain" a remporté le Prix des organisations catholique OCIC et
protestante INTERFILM qui lui a été remis mardi à midi par le président du
Jury oecuménique, le Suisse Antoine Rochat, de Lausanne. Cette distinction
récompense un film très bien accueilli par la critique et le public du Festival.
"Jésus de Montréal", c’est l’histoire d’un jeune acteur à qui est confié
un "jeu de la passion", soit la mise en scène d’un chemin de croix sur la
colline de l’Oratoire, dans les jardins du Mont-Royal, à Montréal. Ce "jeu
de la Passion" permet au réalisateur une relecture contemporaine et incisive du message de l’Evangile. A mi-chemin entre le spectacle et la réalité,
ce film est d’une écriture riche, mais souffre parfois d’un schématisme assez lourd : publicitaires débiles, autorités ecclésiastiques incapables de
dialoguer, etc. Il ne fait pas non plus dans la nuance en matière exégétique.
Le film d’Arcand, néanmoins, qui peut se situer dans la ligne des
mystères de la Passion joués au Moyen-Age, ou encore de "A la poursuite de
l’Etoile" de Olmi, a été une bonne découverte de ce Festival de Cannes. On
peut être certain que, quelques maladresses mises à part, il ne provoquera
pas les mêmes réactions que le film de Martin Scorsese "La dernière tentation du Christ".
Le Jury oecuménique du 42e Festival de Cannes était présidé par un Suisse, Antoine Rochat, de Lausanne. Il était composé de 6 délégués de l’OCIC
(Organisation catholique internationale du Cinéma) et d’INTERFILM, son pendant protestant, deux organisations des Eglises qui travaillent dans le
monde du cinéma. Par son prix, ce Jury veut distinguer un film porteur de
valeurs humaines, sociales et spirituelles.
Deux mentions ont été attribuées à "Kuroi Ame" (Pluie noire) du réalisateur japonais Shohei Imamura et à "Yaaba" du cinéaste burkinabé Idrissa
Ouédraogo. "Pluie noire" est l’histoire d’une jeune femme qui a subi, en
août 1945, les terribles effets de l’explosion nucléaire d’Hiroshima. "Yaaba", à travers l’histoire d’une vieille femme victime des mécanismes sociaux d’un village africain, met l’accent sur l’évolution des enfants vers un
esprit de tolérance. (apic/ys/be)